Éducation : tout reprend… sur le papier17/06/20202020Journal/medias/journalnumero/images/2020/06/2707.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Éducation : tout reprend… sur le papier

Les écoles et les collèges devront accueillir tous les élèves à partir du 22 juin, a annoncé Emmanuel Macron à la télévision. Une décision qui laisse perplexes ceux qui sont chargés d’organiser la scolarité dans ces établissements. Cette reprise se fera « de manière obligatoire et selon les règles de présence normales », a tenu à préciser le président.

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean Michel Blanquer, jouant comme toujours les premiers de la classe, a fait préciser par son directeur général de l’enseignement scolaire : « Un élève absent pourra faire l’objet de sanctions. »

On peut se demander quel bénéfice pédagogique les élèves pourront tirer de cette reprise à deux semaines des vacances scolaires, à une période où même en temps normal il est assez difficile de mobiliser leur attention. Cela gênera par contre les parents qui se sont organisés autrement depuis la fermeture et pensaient pouvoir continuer ainsi. Mais, de plus, les conditions matérielles dans lesquelles devrait s’effectuer le retour en cours sont loin de permettre la présence de tous.

Le nouveau protocole sanitaire qui doit entrer en vigueur le 22 juin prévoit qu’une distance d’un mètre devra être respectée à droite et à gauche de chaque élève. Concrètement, il ne pourra y avoir qu’un élève par table double. C’est le genre de contraintes dont n’a pas tenu compte le ministère quand il a calculé qu’avec cette distanciation on pourrait accueillir 24 élèves par classe. Dans la réalité, comme le dit le représentant d’un syndicat des chefs d’établissement, « on prendra ceux qui se présentent et ce sera déjà bien ». Le ministère le sait d’ailleurs parfaitement.

Depuis le début de l’épidémie, les mesures concernant l’Éducation nationale n’ont pas eu pour objectif de permettre une meilleure scolarisation des élèves, mais surtout d’envoyer un signal allant dans le sens de la reprise du travail pour les parents. La dernière en date ne fait pas exception, et tenait sa place dans le discours de Macron à côté de l’incitation à travailler plus et à produire davantage.

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