RATP : grève du 13 septembre, première journée de mobilisation réussie

18 Septembre 2019

Avec dix lignes de métro fermées, des RER au compte-gouttes, des taux de grévistes pouvant atteindre 100 %, la grève a été massivement suivie par les conducteurs de métro. Elle s’est étendue à tous les autres secteurs de la RATP : conducteurs de bus, mais aussi agents de station, ouvriers de maintenance, ingénierie… et a même été suivie par un nombre conséquent d’agents de maîtrise et de cadres. Une telle mobilisation ne s’était pas vue depuis 1995.

Des conducteurs de métro avaient commencé à se mobiliser dès le mois d’août, s’entraînant les uns les autres au fil des jours.

Mais c’est dans la dernière ligne droite que les travailleurs de la RATP ont décidé massivement de se lancer dans cette grève, au métro, mais aussi aux bus, où les taux de grévistes ont atteint 60 % en moyenne, avec de nombreuses lignes fermées ou au ralenti, puis dans tous les autres services, avec un effet boule de neige dans les derniers jours précédant la grève.

Si l’unité syndicale a joué un rôle non négligeable dans la réussite de la journée de grève du 13 septembre, des grévistes gardaient une certaine méfiance vis-à-vis des syndicats et tenaient à s’organiser par eux-mêmes. C’est ainsi que des assemblées générales (AG) se sont tenues dans les terminus des lignes de métro et dans les dépôts de bus, regroupant plusieurs dizaines de grévistes malgré les difficultés de déplacement… mais aussi malgré les incitations de certains syndicalistes Unsa, et parfois CGT, à ne pas faire d’AG.

Les innombrables discussions, dans les AG et au rassemblement devant le siège de la RATP, allaient dans le même sens. Il était évident pour tous les grévistes que cette journée, même très réussie, ne pouvait pas rester sans suite.

Beaucoup expriment leur rejet de la réforme des retraites dans son ensemble. Ils ne veulent pas seulement garder leur régime spécial de retraite, qui ne concerne d’ailleurs pas tous les travailleurs de la RATP. Ils refusent aussi le calcul de la pension sur toute la carrière et le système par points, bien conscients que ce serait un recul énorme et une retraite de misère pour nombre de travailleurs. Pour contrer une telle attaque, ils sont conscients qu’il faudra que des travailleurs des autres secteurs de l’économie se mobilisent. Ils se tournent en particulier vers les travailleurs de la SNCF, bien plus nombreux qu’eux.

Du côté des deux principaux syndicats, Unsa et CGT, c’est plus tiède et plus ambigu. L’Unsa parle d’une grève reconductible en décembre – une chose qu’elle n’a jamais faite au cours de toute son histoire… – mais seulement dans la perspective de négocier la réforme avec le gouvernement dans un sens favorable aux travailleurs de la RATP. La direction de la CGT-RATP appelle à la journée interprofessionnelle du 24 septembre, mais ce n’est qu’à une semaine de la grève qu’elle a déposé le préavis et fourni un tract aux militants. Visiblement, elle est plus préoccupée de parvenir à négocier avec le gouvernement que de renforcer la mobilisation.

La question que se posent beaucoup de travailleurs de la RATP est : que faire maintenant ? Participer à la journée du 24 septembre appelée par la CGT ? Attendre décembre (et le versement du 13e mois) pour se lancer dans une grève reconductible, comme le propose l’Unsa ? Les discussions sont nombreuses et animées.

Au métro et aux bus, des travailleurs militent pour la participation au 24 septembre, parfois en diffusant leurs propres tracts. Ils ne veulent pas louper l’occasion de se mobiliser avec les travailleurs d’autres secteurs, convaincus que cette prochaine journée de grève et de manifestation pourrait constituer une nouvelle étape dans la mobilisation contre la réforme des retraites.

Correspondant LO