Aigle Azur dépose le bilan : vautours en embuscade

04 Septembre 2019

La compagnie aérienne Aigle Azur vient de déposer son bilan. Ce sont au moins 1 150 travailleurs, pour ne parler que des salariés directs de cette compagnie, qui sont menacés dans leur emploi.

Officiellement, Aigle Azur n’arriverait plus à payer notamment ses fournisseurs ni ses redevances à ADP (Aéroports de Paris). En fait, cette compagnie est probablement victime à la fois de l’appétit de ses divers actionnaires et d’une concurrence de plus en plus impitoyable dans le secteur aérien.

Malgré cela, et malgré le fait qu’Aigle Azur se dise en cessation de paiement, le rachat total ou partiel de la compagnie suscite bien des convoitises. Alors que d’éventuels repreneurs auraient jusqu’à mi-septembre pour se faire connaître, on cite déjà Air France ou encore Vueling, un groupe que créeraient d’anciens dirigeants d’Air France et de HOP, et sans doute EasyJet, Air Caraïbes, French Bee, sinon Ryanair.

Cela peut sembler faire beaucoup de monde autour d’une compagnie mal en point… si l’on oublie les « pépites » qu’elle détient, pour reprendre un mot de la presse économique : les 10 000 créneaux de décollage et d’atterrissage qu’elle possède à Orly. Alors qu’il n’y en a plus aucun de disponible dans le second aéroport de la capitale, ces créneaux valent effectivement de l’or pour qui les raflera. Tout comme les nombreuses liaisons qu’Aigle Azur assure avec le Portugal, mais aussi entre la France et l’Algérie.

Plus d’un millier de travailleurs risquent de tout perdre dans la faillite d’Aigle Azur, mais celle-ci va à coup sûr rapporter gros, très gros même, aux actionnaires d’autres compagnies. Cela sans que cela s’accompagne d’un quelconque développement du trafic pour les créneaux qu’Aigle Azur cèderait. Une image, vue du ciel, du parasitisme du capitalisme en général, et dans le transport aérien en particulier.

P. L.