General Electric – Belfort : mille fois non aux licenciements !

19 Juin 2019

La direction de General Electric France voudrait boucler son plan de 1 050 licenciements et suppressions de postes en quatre mois. Il concerne 800 travailleurs des Turbines Gaz Belfort, soit la moitié des effectifs de ce secteur. Cette annonce a plongé beaucoup de salariés dans l’angoisse mais a aussi suscité de la colère.

Vendredi 8 juin, les travailleurs étaient plusieurs centaines à se rassembler à la porte de l’usine de Belfort pour bloquer durant plusieurs heures la sortie d’un corps de turbine.

Lundi matin 17 juin, la direction de GE avait programmé la première réunion d’information-consultation avec les syndicats pour lancer son plan. Les salariés de Turbines Gaz ont massivement répondu à l’appel de l’intersyndicale CGC, SUD et CGT pour empêcher la tenue de cette réunion. Les syndicats ne voulaient pas pour le moment discuter d’un plan « illégal », compte tenu des engagements pris et non tenus par GE au moment du rachat d’Alstom Énergie.

Les salariés de Turbines Gaz sont venus à un millier de tous les ateliers et bureaux de Belfort et Bourogne pour envahir le hall du bâtiment, et dénoncer ce plan annonciateur de la fermeture. Le directeur du site est venu dire, sous les huées, son regret d’un manque de « débat serein et constructif » ; cette réunion a été reportée au 21 juin dans un lieu extérieur non communiqué. Quelques travailleurs parmi les 34 de GE Chonas, dans l’Isère, étaient venus car comme tous, ils sont très inquiets de la « promesse » d’être vendus.

L’intersyndicale s’en remet maintenant à Macron qui aurait le pouvoir, s’il le voulait, d’empêcher GE de dépecer les sites de Belfort et Bourogne et de l’obliger à diversifier ses investissements dans l’aéronautique, l’hydrogène, le nucléaire, etc. Le ministre Le Maire et après lui tous les élus politiques locaux promettent par exemple que pour chaque euro investi par GE, l’État apportera la même somme, avec d’autres aides « attractives », dont les collectivités locales ne sont pas avares. C’est ce qui a été largement fait lors du rachat de la branche Énergie d’Alstom. On en connaît les résultats.

La prochaine protestation attendue est samedi 22 juin. Les travailleurs et la population sont appelés par les syndicats, les élus et les politiques de tous bords à une grande manifestation « citoyenne » pour la sauvegarde de l’emploi. Même le Medef et la CGPME s’y associent ! Comme s’ils ne faisaient pas partie des principaux responsables des licenciements et des fermetures d’usines dans le pays !

Il est tout à fait dans la logique des choses que les travailleurs contraints à une lutte défensive cherchent des appuis là où ils pensent en trouver. Mais ce n’est évidemment pas sur ces gens-là qu’ils peuvent compter pour maintenir leur emploi.

Parmi les familles ouvrières et populaires de Belfort et la région, l’émotion est grande devant les dégâts sociaux que provoque une saignée dans les emplois telle que celle-là, décidée uniquement pour satisfaire les appétits d’actionnaires qui n’en ont jamais assez.

Beaucoup de travailleurs sont bien conscients que ni la justice ni Macron ne voudront imposer quoi que ce soit aux actionnaires financiers de GE. Ceux-ci sont en train de désinvestir dans la production car leur préoccupation est, selon leurs termes, de « maintenir une politique budgétaire serrée » pour pouvoir « revenir à un niveau de dividende équivalent à ce que distribuent nos concurrents ». Voilà les vraies raisons de cette nouvelle vague de licenciements !

Eh bien cette manifestation sera l’occasion de le dire et d’exprimer la solidarité de Lutte ouvrière avec les travailleurs de GE qui sont en droit de tout faire pour défendre leur peau.

Correspondant LO