Anciens verriers de Givors : les patrons soutenus par le Conseil d’État

19 Juin 2019

Les anciens verriers de Givors, dans le Rhône, se battent depuis maintenant dix ans, après avoir constaté que de nombreux anciens salariés de cette verrerie, fermée en 2003, étaient malades : en 2015, déjà 277 étaient tombés malades et 148 décédés. Dans la verrerie, ils avaient été exposés à de nombreux produits dangereux : arsenic, cuivre, plomb, silice, solvants, hydrocarbures et amiante.

Au cours de leur lutte et de leurs nombreuses actions devant les tribunaux, ils ont réussi à faire condamner l’entreprise pour des cas individuels, reconnus comme maladies professionnelles. L’employeur, OI Manufacturing (qui avait succédé à BSN-Glasspack) a même été condamné trois fois pour faute inexcusable, pour ne pas avoir pris de mesures de précautions contre des dangers dont il avait connaissance.

Mais les anciens verriers voudraient aussi que le site industriel soit reconnu « amianté », pour que les anciens salariés bénéficient d’un suivi médical et que ceux encore en activité puissent partir en préretraite. Cette demande a été refusée par le ministre du Travail, puis le tribunal administratif, puis la cour d’appel administrative, et maintenant le Conseil d’État, sous divers prétextes entre autres : il n’y aurait pas de preuves que tous étaient exposés, ou qu’ils l’étaient un temps suffisamment long, preuves bien difficiles à apporter des années après la fermeture.

Pourtant, quatre autres verreries semblables à celle de Givors ont été reconnues « amiantées ». Par leur décision, tous ces juges et ces politiciens montrent bien dans quel camp ils se situent : celui d’un patronat qui a empoisonné ses salariés pendant des années. Mais les anciens verriers ne lâchent rien non plus et d’autres actions sont en cours.

Correspondant LO