Israël : l’expulsion des Africains contestée

07 Février 2018

Depuis le 4 février, 38 000 migrants soudanais ou érythréens entrés en Israël entre 2006 et 2012 doivent être expulsés vers le Rwanda ou l’Ouganda, avec un peu plus de 3 000 euros, sous peine d’être incarcérés.

Cette mesure ne frappe pour l’instant que les célibataires. Mais, par la suite, elle va toucher des familles installées en Israël depuis des années, avec des enfants, occupant un travail. Cette politique antimigrants s’est d’abord traduite par la construction d’une barrière à la frontière avec l’Égypte en 2012. Depuis, quasiment aucun réfugié n’a pu rejoindre Israël. Mais le gouvernement ne s’est pas arrêté là. Pour répondre aux attentes de la fraction la plus conservatrice et raciste de son électorat, il a annoncé ce plan d’expulsions massives.

Les organisations humanitaires israéliennes dénoncent l’existence d’un accord avec les deux pays d’accueil. Elles réaffirment que les réfugiés n’y sont pas en sécurité, faisant état de témoignages des tortures, des emprisonnements qui les attendent.

Cette politique à l’égard des réfugiés a provoqué la mobilisation d’une fraction d’Israéliens. Des pilotes d’avion ont refusé d’embarquer des migrants contre leur gré. Ces Israéliens lancent un appel à cacher les réfugiés. L’existence d’une minorité qui milite contre ces expulsions inhumaines est un gage pour l’avenir.

Inès Rabah