Viol d’une enfant : un jugement révoltant

04 Octobre 2017

Au printemps dernier, un homme de 28 ans aborde une fillette de 11 ans dans un square et l’invite à l’accompagner. Elle le suit et l’homme l’emmène chez lui, où il lui fait subir des relations sexuelles.

La mère de la fillette a déposé une plainte pour viol mais le parquet de Pontoise, où l’affaire sera jugée en février, a décidé de poursuivre l’individu, non pas pour viol, mais pour atteinte sexuelle sur mineure. En effet le parquet, en accord avec la police qui avait interrogé la fillette après les faits, considère que celle-ci a suivi cet homme sans contrainte, qu’il n’a pas exercé de violences et que donc elle était consentante. Ainsi donc, parce qu’une enfant paralysée et sidérée a subi ces crimes odieux sans crier ni pleurer, des hommes de police et de justice disent qu’elle a consenti.

C’est une monstruosité ! Comment peut-on non seulement penser mais aller jusqu’à affirmer et écrire qu’une enfant pourrait être consentante à une fellation et à une pénétration sexuelle telles que cette fillette les a subies ?

Selon le code pénal, la différence entre l’atteinte sexuelle et le viol sur mineur est l’exercice de la violence, de la contrainte et de la menace. L’atteinte sexuelle est un délit passible de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, le viol, lui, est un crime punissable de vingt ans de réclusion criminelle. Dans d’autres pays, la loi prévoit un âge en deçà duquel on ne peut pas parler de consentement de l’enfant, car il ne peut y en avoir. C’est 16 ans en Angleterre et en Suisse, 14 ans en Allemagne, en Belgique et en Autriche, 12 ans en Espagne et aux États-Unis. Il n’y a pas de précision de ce genre en France. Alors le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes propose de fixer un âge : 13 ans. Pourquoi pas ? Mais le problème n’est pas uniquement soluble dans et par le Code pénal et le droit.

Pour que des hommes, et peut-être même des femmes, considèrent qu’une enfant victime de viol de la part d’un adulte pourrait être consentante, il faut vraiment une société habituée, et de longue date, à bafouer la dignité des femmes au point d’étendre son mépris aux enfants.

Sophie GARGAN