SNEM – Montreuil : l’entreprise pollue, les riverains résistent

04 Octobre 2017

La SNEM (Société d’eugénisation des métaux), qui compte seize salariés sur le site de Montreuil, est un sous-traitant de Safran et d’Airbus. Elle les fournit en pièces traitées au chrome VI. C’est un produit classé cancérigène et mutagène promis à l’interdiction pour septembre 2017. Safran et Airbus ont obtenu une dérogation d’exploitation jusqu’en 2029, mais les riverains, qui en subissent les conséquences, n’en veulent pas.

Le site de Montreuil est situé à côté de deux écoles primaires et de deux maternelles et jouxte un centre d’accueil pour autistes. Depuis douze ans, l’association Les Buttes à Morel se bat contre les conditions d’insalubrité du site. Parents, FCPE et riverains se sont réunis pour exiger des analyses et ont menacé de bloquer l’usine. Malgré trois cas de leucémie rare en douze ans, dont le dernier en juin 2017, malgré l’injonction préfectorale faite à l’exploitant de se mettre en conformité avec la loi, rien n’y a fait.

Deux jours avant la rentrée des classes, s’appuyant sur les analyses de qualité de l’air portant sur les taux de benzène et de radioactivité et déclarant les écoles sans danger, les pouvoirs publics ont incité les riverains à abandonner leur action.

Mais, mi-septembre, les résultats d’analyses de l’usine ont révélé un taux de chrome VI trois fois supérieur au maximum autorisé, bien que les prélèvements aient été effectués dans une usine à l’arrêt depuis deux semaines, ce qui a renforcé la détermination des riverains mobilisés. Ils ont voté le blocage de l’usine et mis en avant trois revendications : fermeture de l’usine, dépollution du site, reclassement des salariés.

Le 27 septembre, la préfecture, estimant que la SNEM avait fait deux des trois démarches de mise en conformité de l’usine, a fait évacuer par les CRS le collectif présent devant l’usine, blessant plusieurs personnes et en envoyant deux aux urgences. À la fin de l’échauffourée, deux parents d’élèves ont été placés en garde à vue, qui a été prolongée au-delà de 24 heures, pour rébellion et violence sur agent dépositaire de l’autorité publique. Ils comparaîtront le 6 mars 2018 au tribunal de Bobigny.

Cela n’entame pas la détermination des riverains, qui continuent à se mobiliser devant l’usine et qui savent maintenant que l’État et sa police seront toujours du côté des grands groupes industriels, les aidant ainsi à exploiter et polluer sans vergogne. Safran et Airbus doivent être tenus pour responsables, reclasser les salariés, fermer l’usine et dépolluer le site !

Correspondant LO