Togo : manifestations pour le départ du dictateur Faure Gnassingbé

27 Septembre 2017

Dans le numéro du 17 septembre 2017 de leur journal Le pouvoir aux travailleurs, nos camarades de l’Union africaine des travailleurs communistes internationalistes (UATCI-UCI) témoignent des manifestations qui se déroulent au Togo.

« Depuis le début de ce mois de septembre, des manifestations massives sans précédent ont lieu à la capitale Lomé. La plupart des autres grandes villes de ce pays sont également le théâtre d’importants rassemblements réclamant le départ du dictateur Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis avril 2005. Avant lui, c’est son père le général Eyadema, un vétéran de l’armée française de l’époque coloniale, qui s’était hissé à la tête du pays à la suite d’un coup d’État. Au total, le père puis le fils totalisent un demi-siècle de dictature au profit de leur clan et des multinationales.

Les travailleurs, les paysans pauvres et la jeunesse de ce petit pays de 7,6 millions d’habitants en ont assez de cette situation et de leurs conditions de vie misérables. Face à la population pauvre exprimant sa détresse, des scènes barbares, insoutenables à la conscience humaine, se déroulent chaque jour dans les quartiers populaires. Des hordes de policiers et de gendarmes avec de longs bâtons s’acharnent contre de pauvres personnes, défoncent les portes des maisons, traînent par terre des femmes, des enfants et les rouent de coups de bottes et de bâtons.

Les leaders des partis qui se disent « d’opposition » n’ont pas de programme politique répondant aux aspirations des classes pauvres au rang desquelles il y a les nombreux travailleurs du port de Lomé, un secteur d’où partent les denrées d’exportation tels que le café, le cacao, le coton, les phosphates, produits dans le pays. De ce port en eau profonde viennent et partent également de nombreux camions chargés de conteneurs en direction des pays sans façade maritime, tels que le Mali et le Burkina Faso. Cela montre que les travailleurs, même s’ils ne sont pas majoritaires à l’échelle du pays, ont une existence et jouent un rôle important dans l’économie.

Les dirigeants de ces partis ne dénoncent en rien l’exploitation et le pillage des richesses par les capitalistes. En même temps qu’ils demandent à la population de les soutenir, ils quémandent auprès des grandes puissances capitalistes la mise à l’écart du dictateur et son remplacement par une personnalité issue des rangs de l’opposition. La France, dont les capitalistes sont présents dans le pays, ainsi que l’ONU, ont appelé cette opposition à « travailler » avec le gouvernement.

Les leaders de l’opposition tenus à l’écart de la mangeoire gouvernementale trouveront-ils un terrain d’entente avec le clan au pouvoir pour gouverner ensemble en attendant les futures échéances électorales ? Ils en sont bien capables, car en fin de compte il n’y a pas grand-chose qui différencie les uns des autres.

Ce qui est sûr c’est que si les classes exploitées du Togo ne font pas valoir leur aspiration à un mieux-être à travers leurs revendications spécifiques à elles, toute leur énergie n’aura servi qu’à mettre en selle une nouvelle dictature à la place de l’ancienne dictature usée… »

Le Pouvoir aux travailleurs