Plan de formation du gouvernement : de l’esbroufe pour cacher le chômage

27 Septembre 2017

Après avoir répété pendant des mois que Macron et le gouvernement avaient un plan pour en finir avec le chômage de masse, après avoir annoncé qu’on allait voir ce qu’on allait voir grâce à tout ce qui était prévu avec la formation professionnelle, la grosse montagne a accouché d’une toute petite souris lundi 25 septembre.

Les 11 milliards prévus sur la durée du quinquennat, annoncés comme devant servir, en théorie, à la formation des jeunes décrocheurs et des chômeurs de longue durée, ont des objectifs très modestes. « À l’horizon 2022, 300 000 personnes supplémentaires pourraient être insérées durablement dans l’emploi », selon Pisani-Ferry, le rapporteur du gouvernement. Même si l’on donnait crédit aux objectifs affichés du gouvernement, celui-ci viserait donc 300 000 retours supplémentaires vers l’emploi en cinq ans, une goutte d’eau dans un océan de chômage ! Les chômeurs de longue durée sont plus d’un million et leur nombre n’a cessé d’augmenter d’année en année. Les jeunes sans emploi représentent plus de 20 % des moins de 26 ans, et atteignent les 50 % dans les quartiers populaires. Quant au nombre total des chômeurs, il tourne toujours autour de six millions.

Cette référence à la formation professionnelle pour prétendument combattre le chômage n’a pas été inventée par Macron. Cela fait 34 ans, depuis le début de la crise de l’économie capitaliste et la montée incessante du nombre de chômeurs, que cette recette miracle a été resservie à toutes les sauces, avec, à l’origine, des financements autrement plus importants que ceux mis en avant aujourd’hui. Elle a servi, et sert toujours, à cacher la responsabilité du patronat qui licencie pour garantir ses profits sur le dos de la classe ouvrière. On a encore droit à la même litanie sur « les emplois qui ne trouveraient pas preneurs par manque de formation ».

Pour en finir avec le chômage, il faut d’abord interdire les licenciements et ensuite répartir le travail, sans perte de salaire, entre tous les travailleurs.

Paul SOREL