FN : refondé ou non, toujours ennemi des travailleurs

27 Septembre 2017

Nouvel épisode dans la guerre des chefs au sein du Front national, Florian Philippot, présenté jusque récemment comme le bras droit de Marine Le Pen, a quitté la formation d’extrême droite.

Il a visiblement été poussé dehors par nombre de cadres frontistes, et par Le Pen elle-même, l’accusant d’être responsable de l’échec du FN lors de l’élection présidentielle. Si Marine Le Pen y avait en effet atteint des scores historiques, elle n’a pas pour autant été élue. Du coup, il faut bien un coupable, et Philippot s’est vu reprocher la ligne politique, qu’il est censé avoir inspiré à la patronne du FN.

Philippot n’est pas le premier ni sans doute le dernier à faire les frais des règlements de comptes entre dirigeants frontistes. Ainsi le successeur de Philippot, Nicolas Bay, a été pendant dix ans un proche de Mégret, l’ancien numéro deux du FN exclu en 1998.

Il est significatif que les divergences affichées portent essentiellement sur la sortie de l’euro défendue par Philippot et présentée pendant la campagne présidentielle comme devant protéger les classes populaires du chômage. Comme si le retour au franc pouvait protéger les travailleurs des licenciements et de la rapacité patronale ! Avec cette proposition destinée à attirer les voix de l’électorat populaire, le FN a déplu à une partie des électeurs de droite susceptibles de voter pour lui. Et il s’est attiré les foudres des milieux patronaux, majoritairement favorables à une monnaie unique européenne qui favorise les affaires.

La « refondation » du FN, proclamée par Marine Le Pen sera peut-être l’occasion d’un changement de ligne politique, plus présentable pour la droite et la bourgeoisie. Mais qu’il change de nom ou pas, tous ses dirigeants s’accordent pour mettre en avant la démagogie xénophobe qui est le fonds de commerce du parti, et ne constitue pas un obstacle la bourgeoisie.

Jacques Le Gall