Budget 2018 : avalanche de mesures antiouvrières

27 Septembre 2017

Chaque budget de l’État est un plan d’attaque contre le monde du travail. Celui de 2018 en sera un exemple particulièrement féroce. Le gouvernement a clairement annoncé qu’il dépouillerait les classes populaires pour mettre les caisses de l’État à disposition du grand capital.

La baisse des APL de cinq euros de l’été dernier n’était qu’une première pique. Les aides au logement, qui sont vitales pour bien des familles ouvrières, pourraient baisser de 50 euros par mois. 120 000 contrats aidés devraient être supprimés ainsi que 1 600 postes de fonctionnaires. Les salaires seraient gelés dans la fonction publique, le jour de carence rétabli. 5,5 milliards d’euros seraient aussi économisés dans la santé. Voilà comment le gouvernement envisage de réaliser les 16 milliards d’euros d’économies annoncées.

À cela s’ajoutera la hausse de la CSG. Son augmentation de 1,7 point concernant tous les travailleurs, mais aussi tous les retraités à l’exception de ceux touchant moins de 1200 euros net par mois, représentera un pactole de 20 milliards d’euros.

Les capitalistes, eux, seront choyés. L’impôt sur la fortune ne sera plus calculé en prenant en compte les portefeuilles d’actions. C’est un cadeau de 3,5 milliards d’euros aux plus riches. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, l’assume : « Nous avons décidé de créer des richesses avant de les redistribuer. Cela passe par un choix politique fort : alléger la fiscalité sur le capital. »

Et dans le budget 2018, il y aura aussi des dizaines de milliards d’euros donnés comme chaque année à la finance au nom des intérêts de la dette publique, ainsi que des subventions innombrables aux industriels décidées à tous les échelons de l’appareil d’État : au niveau des ministères, des régions, des départements et des grosses agglomérations.

Au même moment, le Premier ministre, Édouard Philippe, a dévoilé un plan d’investissements de 57 milliards d’euros sur cinq ans. Il s’agit là encore d’une annonce en faveur du patronat. Car derrière les 20 milliards pour la « transition écologique », les 15 pour la formation, les 13 pour le secteur agricole et les 9 pour la « transformation numérique de l’État », il y aura en réalité des subventions et des commandes payées rubis sur l’ongle au patronat, à commencer par le plus grand qui raflera le gros des contrats.

Pourquoi l’État coûte-t-il si cher ? Pourquoi rackette-t-il la population avec ses taxes et ses impôts ? Pas parce qu’il paye du personnel de santé, des cheminots, des postiers ou des enseignants. Mais parce qu’il joue le rôle de vache à lait pour l’ensemble de la classe capitaliste.

Pierre ROYAN