Afghanistan : vers un renforcement de la guerre

23 Août 2017

Trump, qui durant sa campagne électorale parlait de retirer les troupes américaines d’Afghanistan, vient de faire volte-face. Non seulement il veut maintenir les 8 400 soldats américains qui y sont (dans une coalition de 13 500 hommes), mais il compte leur envoyer des renforts, sans donner de chiffres pour le moment. Aussitôt les talibans, qui contrôlent la plus grande part du pays, ont promis « un nouveau cimetière » aux troupes américaines.

Les troupes américaines sont présentes dans ce pays depuis 2001. Elles ont compté au maximum 100 000 hommes, en plus des divers contingents de la coalition et des dizaines de milliers de mercenaires de sociétés privées.

Et aujourd’hui la déclaration de Trump est le signe d’un échec manifeste de cette présence militaire. Le gouvernement officiel ne contrôle que la région de la capitale. Bien loin d’être vaincus, les talibans sont partout. La corruption est omniprésente, s’appuyant en particulier sur la culture de l’opium qui représentait 93 % de la production mondiale en 2008 et dont les revenus arrosent autant les talibans que les autorités officielles.

En 2014, le nombre des tués des forces de la coalition atteignait 3 487, dont 2 356 soldats américains (453 Britanniques et 89 Français) et des blessés par dizaines de milliers. Les victimes civiles afghanes, mal dénombrées, se comptent par dizaines de milliers.

Les dépenses sont exorbitantes et se chiffrent en centaines (voire milliers) de milliards de dollars. Et il n’y a pas que l’Afghanistan, il y aussi l’Irak, et d’autres théâtres d’opération !

Tout ceci avait pour but déclaré, au départ, de venir à bout du terrorisme. Seize ans plus tard, il est de plus en plus évident que le terrorisme n’a jamais autant prospéré et que le renforcement des guerres en Afghanistan et ailleurs, loin de l’affaiblir, le renforce.

La volte-face de Trump va prolonger un conflit interminable, susciter de nouvelles vocations parmi les terroristes et permettre aux fabricants d’armements d’engranger des fortunes.

André VICTOR