Hausse du chômage : le prix des profits

03 Juin 2015

Sans surprise, les chiffres du chômage rendus publics le 1er juin confirment l’aggravation de la situation pour les plus de cinq millions et demi de demandeurs d’emploi. Leur nombre a encore grossi de plus de 54 000 le mois dernier, au moment même où le gouvernement se félicitait d’une reprise de la croissance.

Qu’on soit jeune travailleur ou proche de la retraite, tout juste mis à la porte après un CDD ou chômeur depuis plusieurs années, après l’inscription à Pôle emploi, personne n’échappe aux entretiens sans résultats, aux centaines de CV envoyés restant sans réponses, aux indemnités réduites, aux radiations administratives. La recherche d’un nouvel emploi est devenue un parcours du combattant dont la durée atteint les 550 jours en moyenne. Cela signifie pour des millions de familles une vie rongée à petit feu par l’absence de revenus décents, et pour la société la perte d’énormes richesses qu’auraient pu créer leur travail.

Le ministre de l’Emploi, François Rebsamen, fait mine de s’étonner devant ce qu’il appelle « le décalage entre l’amélioration économique et la situation de l’emploi ». Mais la réalité est au contraire que la croissance des profits des entreprises s’accompagne d’une reprise des plans de licenciements, d’une suppression massive des emplois, y compris précaires, qui constituent l’essentiel des contrats proposés aujourd’hui par le patronat.

Rebsamen n’a rien trouvé d’autre à proposer que d’attendre que « la croissance porte ses fruits en termes d’emplois ». Mais pour l’heure, comme il le dit lui-même, « les entreprises reconstituent d’abord leurs marges » qui auraient été « détruites pendant des dizaines d’années ». Celles du grand patronat ne semblent pourtant pas se porter si mal.

Non, les profits n’ont pas cessé de s’accumuler malgré la crise. Et le frémissement actuel des chiffres officiels de l’économie ne signifie rien d’autre qu’une nouvelle hausse des bénéfices sur le dos de l’ensemble de la classe ouvrière.

Gilles BOTI