IVG dans la Constitution : des mots, toujours des mots

15 Mars 2023

Le 8 mars, lors d’une mise en scène au cours de laquelle il a utilisé sans vergogne la figure de l’avocate Gisèle Halimi, Macron a promis qu’il ferait prochainement figurer la liberté de l’avortement dans la Constitution. Liberté ne veut pas dire droit.

D’ailleurs, ce changement dans les textes n’empêche pas le pouvoir de détruire le système médical.

C’est le Sénat, sous la pression de la droite, qui a tenu à utiliser le terme de liberté et non celui de droit, ce qui offre implicitement la possibilité aux médecins de refuser aux femmes l’avortement, en invoquant la clause de conscience.

Depuis quinze ans, plus de 180 centres ou services hospitaliers d’IVG ont fermé faute de médecins et de moyens. En conséquence, d’après une étude de la DREES (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) datant de septembre, le nombre d’IVG pratiquées dans les établissements de santé diminue nettement. Il est passé de 171 000 en 2019 à 146 700 en 2021. Cette baisse est compensée par les IVG réalisées en cabinet, en hausse, mais cela ne peut être qu’au détriment des autres actes médicaux

Dans tous les cas, les mots comptent de toute façon fort peu, même « gravés dans le marbre ». Pour s’en convaincre, il suffit de regarder ce qu’affirme la Constitution. Celle de 1946, qui est toujours évoquée comme fondement de l’actuelle, proclame le « droit d’obtenir un emploi ». Les millions de chômeurs peuvent ainsi juger de la consistance du fameux « marbre ». Il y est également proclamé que « la République […] n’entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n’emploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple » et que « tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ».

La seule véritable garantie des droits, toujours précaires tant que subsiste la société d’exploitation, c’est de se battre pour les défendre.

Thomas Baumer