RSA-chômage : tous les travailleurs attaqués

20 Juillet 2022

Dans son interview du 14 juillet Macron s’est étendu sur ce qu’il appelle la réforme du travail et sur sa volonté d’aller vers le plein emploi.

Pour lui, réformer le travail consiste à aider le patronat à le payer le moins cher possible. Toutes les contraintes doivent donc s’exercer sur les travailleurs, qu’ils soient en fixe, précaires, sans travail, pensionnés ou retraités. L’âge de la retraite serait repoussé à 65 ans. Les salaires, pensions et allocations, déjà très insuffisants, courent loin derrière la hausse des prix. Les allocations chômage, réduites depuis décembre, seraient à nouveau rabotées. La durée d’indemnisation serait d’autant plus courte que la situation économique, évaluée par le gouvernement, serait florissante. Le versement du RSA serait conditionné à quinze ou vingt heures de travail obligatoire par semaine, ce qui constituerait une destruction de fait du salaire minimum. L’apprentissage, c’est-à-dire la fourniture de travail quasi gratuit au patronat serait encore développé.

Tout ce qui ainsi ne sera pas versé en salaire grossira d’autant les profits patronaux et finira inévitablement dans les caisses des plus puissants d’entre eux. Le plein emploi de Macron, à quelques millions de chômeurs près, serait ainsi atteint par la dégradation générale des salaires et, plus spécialement, par le massacre des conditions de vie de la jeune génération.

Mais il y a pire. Macron poursuit également l’objectif politique de dresser les travailleurs les uns contre les autres : les retraités contre les actifs dont le refus de travailler plus longtemps ruinerait les caisses sociales ; les précaires contre les salariés qui, en s’accrochant à leur emploi priveraient les autres de revenu. Et, surtout, il s’agit d’opposer ceux qui travaillent à ceux qui vivraient d’allocations, les prétendus assistés que Macron, comme l’extrême droite, la droite, le centre et une bonne partie de la gauche de gouvernement, désignent à la vindicte populaire.

Face à cette basse démagogie, les travailleurs doivent se souvenir que la division sociale se fait autour de la propriété privée des moyens de travail et non autour du statut, toujours provisoire et fluctuant, de ceux qui en sont démunis, la vaste classe des travailleurs. Les seuls assistés sont les propriétaires et actionnaires des grandes sociétés qui ne se sont donné que le mal de naître. Ceux dont Macron sert avec zèle les intérêts, avec sa prétendue réforme qui s’annonce comme une véritable attaque contre tous les exploités.

Paul GALOIS