Planète capitaliste : chômage en hausse

19 Janvier 2022

52 millions d’emplois de moins dans le monde relativement à 2019 : tel est le constat que l’Organisation internationale du travail (OIT), une branche de l’ONU, vient de faire dans son rapport annuel.

L’an dernier l’OIT croyait déceler « les signes d’une timide reprise mondiale ». Cet optimisme modéré relevait en fait de la méthode Coué car il s’avère que le nombre d’heures travaillées annuellement dans le monde a baissé de 2 % comparé à 2019. Le chômage touche ainsi officiellement 207 millions de travailleurs, en hausse de 10 % sur deux ans. Évidemment, cette statistique ignore toute la partie du monde du travail qui survit de petits boulots informels entrecoupés d’inactivité et qui n’est en général pas recensée par les États. Mais il est clair que le chômage s’aggrave. Les conséquences sont évidentes : « 30 millions d’adultes sans travail rémunéré sont tombés en 2020 dans l’extrême pauvreté », avance l’OIT.

On pourrait croire que la cause en est la pandémie. Ce n’est pas tout à fait le cas car le taux d’emploi mondial n’a cessé de reculer ces quinze dernières années sous l’effet de l’essor de la finance et du recul de la production. Il a bien entendu chuté nettement plus brutalement quand le Covid s’est répandu dans le monde au début de l’année 2020, après quoi il n’a même pas retrouvé son niveau de 2019.

Partout dans le monde les États ont aidé le plus massivement possible, selon leurs moyens, les entreprises à passer la crise sanitaire. Non seulement celles-ci ont survécu, mais les plus grandes affichent des profits insolents pour l’année 2021. Les travailleurs, eux, payent pour la survie du capitalisme, victimes des crises économiques à travers les licenciements, la surexploitation, le chômage. À la base de l’économie mondiale, exerçant tous les métiers indispensables à la société, ils font les frais de l’appétit de profit de la bourgeoisie.

Lucien DÉTROIT