Face à toutes les divisions, les travailleurs doivent défendre leurs intérêts de classe

19 Janvier 2022

La campagne présidentielle est lancée, et les propos plus rances les uns que les autres se succèdent. Zemmour, expert en la matière, vient ainsi d’expliquer, en fustigeant « l’idéologie égalitariste », que les enfants handicapés devraient être scolarisés à part des autres, dans des établissements spécialisés. Cet appel à la ségrégation est indécent. Mais les ministres, d’aujourd’hui et d’hier, qui l’ont critiqué sur ce point sont des hypocrites. En effet, les AESH qui accompagnent ces élèves, des femmes à 90 %, payées en moyenne 760 euros par mois, sont en nombre insuffisant. Cela parce que l’État veut dépenser le moins possible pour scolariser ces enfants.

Des candidats à la présidentielle parlent des prénoms musulmans, du drapeau tricolore ou des mesures à prendre contre les travailleurs étrangers. Tout cela est de la démagogie de caniveau, pour ne pas parler des problèmes essentiels que constituent les salaires, l’emploi, les conditions de travail et les pensions de retraite. Alors, il faut que le monde du travail interrompe ce déluge de bêtises en posant les vrais problèmes.
Jeudi 13 janvier, des dizaines de milliers de travailleurs de l’éducation ont manifesté contre le mépris dans lequel les tiennent le gouvernement et le ministre Blanquer, qui les baladent de protocole sanitaire en protocole sanitaire, sans jamais leur donner de moyens matériels et humains pour faire fonctionner les écoles. Signe que le gouvernement redoute la mobilisation des travailleurs, Castex a fait immédiatement quelques concessions.

Ces travailleurs ne sont pas les seuls à en avoir assez. Dans de nombreuses entreprises, des travailleurs revendiquent des augmentations de salaire. Les bilans financiers de l’année écoulée sont indécents. En 2021, le CAC 40 a augmenté de 29 %. Quel travailleur pourrait en dire autant de son salaire ? Les plus grandes entreprises auraient totalisé plus de 100 milliards de profits, et les milliardaires ont vu leurs patrimoines exploser.

Alors oui, il faut parler des salaires des aides à domicile et des auxiliaires de vie, du personnel hospitalier et de celui des Ehpad, des conducteurs de bus et des chauffeurs-routiers, des agents de sécurité et des manutentionnaires, des ouvriers de l’agroalimentaire et de ceux du bâtiment, de tous ces « premiers de corvée », essentiels à la société et aujourd’hui méprisés, maltraités par leurs patrons et par le pouvoir. En avril 2020, Macron avait expliqué que les distinctions sociales devaient être fondées sur l’utilité. Dans sa bouche, quelle fumisterie ! Pour les travailleurs, rien n’a changé, si ce n’est en pire. Alors, il faut qu’ils utilisent cette période de campagne pour se faire entendre.

Les prix de l’énergie et de l’alimentation augmentent, rognant notre pouvoir d’achat ? Alors les salaires doivent suivre et augmenter de 300, 400, 500 euros ! Aucun salaire, aucune pension de retraite ne doivent être inférieurs à 2 000 euros net.

Dans les hôpitaux, les écoles et les entreprises, les salariés sont débordés, alors qu’il y a 5,7 millions de chômeurs ? Alors, il faut embaucher massivement, répartir le travail entre tous, sans perte de salaire, en prenant sur les profits.

La pandémie a permis à des groupes capitalistes, aux entreprises pharmaceutiques et de matériel médical, aux Gafam et aux firmes de la grande distribution d’engranger des milliards ? Il faut les soumettre au contrôle de la population. Et si elles rechignent, il faut les exproprier et les faire fonctionner pour le bien collectif.

Il ne faut pas que les travailleurs attendent du futur président de la République qu’il change les choses. Il faut compter sur nos propres luttes. Le 27 janvier, une journée de grèves et de manifestations est organisée à l’appel de la CGT, FO, FSU et Solidaires, pour l’augmentation des salaires. Cette journée ne suffira pas, bien sûr, car, pour imposer des concessions aux capitalistes, il faudra des luttes puissantes et massives. Mais elle peut être un premier pas pour montrer notre force et préparer d’autres mobilisations.

Il faut que les travailleurs comptent sur leur force plutôt que sur les promesses des uns et des autres ! Il faut que les travailleurs, sans se laisser diviser entre Français et étrangers, du public et du privé, au chômage et en activité, mettent en avant leurs intérêts collectifs ! C’est pour le dire, pour le faire savoir que je suis candidate à l’élection présidentielle. Dans cette campagne, je veux incarner la fierté et la combativité du monde du travail, qui fait tout tourner et n’a droit à rien.

Bulletins d’entreprise du 17 janvier 2022

Nathalie ARTHAUD