Choose France : l’éloge d’un paradis fiscal

19 Janvier 2022

Macron s’est félicité du prétendu succès de l’opération Choose France, destinée depuis cinq ans à attirer les investisseurs étrangers, et a vanté comme une prouesse l’annonce pour 2022 de 21 investissements, d’un montant cumulé de quatre milliards d’euros.

Selon le gouvernement, la création de 26 000 emplois, grâce à des groupes comme BASF, Ikea ou Eastman est aussi promise à la clé. Mais, en fait, il s’agit de 10 000 CDI et de 16 000 emplois intérimaires. Par exemple, BASF a annoncé en grande pompe la mise en service d’une nouvelle usine en Alsace. Mais, si 500 personnes vont être employées pour sa construction, seulement une cinquantaine de postes pérennes seront créés par la suite.

En fait, si les profits sont privés, ces investissements sont largement financés par l’argent public. Celui-ci constituerait directement de l’ordre de 5 à 10 % de leur montant, selon l’agence gouvernementale. Mais ils bénéficient, et le site de Choose France en fait fièrement la liste, de l’ensemble des cadeaux et exemptions fiscales destinés au patronat.

En effet, à la suite de ses prédécesseurs, Macron a depuis cinq ans largement encouragé le parasitisme de la bourgeoisie au détriment des caisses de l’État et des droits des travailleurs. La revue Alternatives Économiques estime que le montant des aides aux entreprises, en fait aux actionnaires, est passé de 150 à 200 milliards d’euros en 2019 à 260 milliards en 2022.

Le taux des impôts sur les sociétés est passé de 33 % en 2017 à 25 % aujourd’hui. Les impôts de production, sur la valeur ajoutée et la taxe foncière, ont été réduits de moitié, pour un coût de 10 milliards par an. Le scandaleux crédit impôt recherche, qui fait payer par l’État 30 % des dépenses de recherche des groupes privés, a été pérennisé et lui coûte six milliards d’euros par an, près de deux fois le budget du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), réduit de son côté à la portion congrue. Le gouvernement a remplacé l’impôt sur la fortune (ISF) par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) qui ne porte plus sur les actifs financiers, actions ou obligations.

Le site gouvernemental se félicite aussi de la « transformation du modèle social français » et énumère la liste des remises en cause des droits des travailleurs que Macron a initiées ou poursuivies : accords de performance collective, simplification des licenciements économiques, allégement des cotisations patronales, réforme et attaques contre l’assurance chômage.

L’ensemble de ces mesures a aggravé considérablement le niveau de vie des travailleurs et lourdement handicapé le fonctionnement des services publics, comme la santé, les transports, l’enseignement ou l’entretien des équipements publics. Pendant que les profits explosaient, le chômage et la misère ont augmenté.

Le paradis fiscal destiné à accueillir les uns est un enfer social pour les autres.

Christian BERNAC