Climat : un rapport de plus qui n’aura pas d’effet

11 Août 2021

Lundi 9 août, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié son dernier rapport, qui confirme l’élévation moyenne de la température sur la Terre et dresse le constat des désordres climatiques qui y sont liés.

Pour le GIEC, les événements climatiques tels que la fonte accélérée des glaciers au Groenland, les inondations en Allemagne et en Belgique, les dômes de chaleur en Espagne, au Maroc ou au Canada, ou encore les incendies ravageurs dans l’Ouest américain, en Grèce et en Turquie sont des conséquences de ce réchauffement.

Ce rapport du GIEC, instance créée en 1988 et intégrée à l’Organisation des Nations unies (ONU), n’est pas le premier à démontrer de tels résultats. Le précédent, publié en 2013, avait déjà souligné cette évolution, sans que cela entraîne de véritables mesures, allant au-delà des intentions. Sa publication ne sert qu’à préparer la prochaine conférence, dite COP 26, qui réunira les chefs d’État à Glasgow dans un mois. Tout laisse prévoir que cette conférence, comme les vingt-cinq précédentes, se soldera par des engagements théoriques et des discours de principe sans aucune conséquence par la suite.

Les gouvernements, tout dévoués qu’ils sont aux intérêts du grand capital, sont incapables de prendre quelque mesure contraignante que ce soit, à l’encontre des vrais responsables de l’économie, les capitalistes. En effet, contrairement à ce que dit ce rapport, ce ne sont pas les « activités humaines » en général qui sont responsables du réchauffement climatique, mais un système qui n’a de cesse d’exploiter les ressources et les hommes sans aucune autre considération que la recherche du profit immédiat.

Si les politiciens et les médias ne sont pas avares de leçons de morale à la population, sommée de privilégier des produits locaux – que beaucoup ne peuvent pas se payer – et de ne pas oublier « les petits gestes » pour économiser eau et électricité, il n’est bien sûr pas question pour eux de remettre en cause le droit des grands groupes capitalistes à détruire la planète, ou celui des milliardaires à satisfaire leurs caprices dans leurs yachts surdimensionnés ultrapolluants ou avec un scandaleux tourisme spatial. Au contraire, ils se voient félicités pour leurs déclarations de bonnes intentions et peuvent même se tailler de nouveaux marchés « verts ».

Pour éviter la catastrophe climatique, il faut débarrasser la planète de ce système qui ne prend en compte ni les besoins des hommes ni la préservation des ressources. Seuls les travailleurs, qui font collectivement fonctionner toute la société et n’ont aucun intérêt à la course au profit, peuvent imposer une telle rationalisation.

David MARCIL