IGPN : la police couvre la police

28 Juillet 2021

Le 20 juillet, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) présentait à la presse son rapport annuel qui, sans surprise, ne pointe rien d’anormal dans le comportement de la police.

Ainsi, 70 % des enquêtes ouvertes sur des violences envers des gilets jaunes ont été classées sans suite. Bien qu’au cours des trois dernières années 96 personnes ont été grièvement blessées par des tirs ayant parfois entraîné la perte d’un œil, la porte-parole de l’IGPN affirme sans aucune gêne que « l’usage du lanceur de balles de défense (LBD) est peu dommageable par nature ».

Hasard du calendrier, ce rapport était présenté le jour même de la mise en examen pour homicide involontaire d’un commissaire divisionnaire suite à la mort d’un jeune homme à Nantes, lors de la fête de la musique en juin 2019. L’IGPN avait à l’époque écarté toute responsabilité de la police.

De même, l’IGPN a été alertée plusieurs fois sur le fait que des policiers au comportement violent avéré se trouvaient néanmoins chargés de recevoir des plaintes. Ainsi en mars dernier, près de Bordeaux, une femme victime de coups de la part de son conjoint avait porté plainte sans savoir que le policier qu’elle avait en face d’elle avait lui-même été condamné pour violences conjugales. La plainte n’a pas abouti et la femme est morte brûlée vive deux mois plus tard.

La police, comme tout corps de répression, est forcément gangrénée par les préjugés de toute sorte et les comportements violents. Demander à l’IGPN ou à toute autre institution de changer cette réalité est illusoire, précisément parce que c’est cette police-là dont l’État a besoin pour maintenir l’ordre social.

Denis Aler