Nos lecteurs écrivent

25 Novembre 2020

« Suite au rassemblement contre la loi Sécurité globale devant l’Assemblée nationale mardi 17 novembre, j’ai passé 21 heures en garde à vue avec ma fille et beaucoup d’autres personnes interpellées.

Arrêtée par la BRAV-M (Brigade de répression de l’action violente-motorisée), puis amenée dans un commissariat, j’ai été contrainte de tout leur donner : empreintes, codes de téléphone (qu’ils fouillent ), photos de profil et de face, photos de mes tatouages, adresse détaillée, coordonnées de mon employeur...

Privée de liberté, une torture que j’ai pu expérimenter pendant 21 heures en tout, dont 18 heures dans une cellule où l’on n’ose rien toucher au début, puis on laisse tomber l’hygiène, à 7 dans 9 m² (même masque, pas de gel, risque Covid intégral, c’est à se demander si le Covid n’est pas un fake, tellement ils s’en foutent). Sans mes lunettes, qu’on nous enlève, je ne voyais rien. Et encore j’ai eu de la chance, mes compagnes de la garde à vue étaient très sympas et propres. Dans une autre cellule, un petit jeune avec un fou violent a vécu un enfer. C’était absolument intolérable. Il n’y avait plus une seule place dans les commissariats de Paris, ils ont raflé un maximum d’esprits libres...

Nous les filles, nous nous sommes soutenues à tour de rôle, quand on craquait. J’ai pensé tout le temps aux animaux privés de liberté toute leur vie, où l’on est dépendant du gardien pour ses besoins fondamentaux, selon le degré de sympathie du gardien : certains vraiment adorables, d’autres de belles enflures. Ils ont le pouvoir même sur ça. On n’est plus rien, c’est l’horreur totale.

Accusée de choses fausses (avec ma fille nous rentrions réellement chez nous, et il n’était pas encore 21 heures), sans preuves et sans raison valable, on me signifie un rappel à la loi, décidé et signé par un procureur de la République, sans même l’avoir rencontré et sans pouvoir se défendre, avec six ans de mise à l’épreuve ! C’est cela l’État de droit dont ils nous gargarisent les oreilles ! »

M.M, une lectrice