Droit d’asile : les réfugiés afghans menacés

25 Novembre 2020

La Cour nationale du droit d’asile (CNDA) vient de décider de faciliter l’expulsion de réfugiés afghans dans leur pays, sous prétexte que « la violence aveugle (…) n’y est pas telle qu’il existe des motifs sérieux et avérés de croire que chaque civil qui y retourne court (…) un risque réel ».

C’est non seulement odieux mais c’est en plus complètement faux, puisque l’Afghanistan continue de s’enfoncer dans le chaos. D’après l’ONG Amnesty international, plus de 1280 civils y ont été tués rien que sur les six premiers mois de l’année. Les attentats se multiplient dans les villes, la guérilla entre les différentes milices armées fait de plus en plus de morts et les talibans, qui sont aux portes de Kaboul sont sur le point de prendre le contrôle du pays. Sans oublier que la population subit aussi la violence des forces de répression gouvernementales et les exactions criminelles des armées d’occupation étrangères, comme le montre le scandale actuel des troupes d’élite australiennes accusées d’avoir assassiné des dizaines de prisonniers afghans.

Cette décision du CNDA n’a donc rien à voir avec une quelconque amélioration de la situation en Afghanistan, mais bien plus avec la campagne antimigrants propagée en France, non seulement par la droite et l’extrême droite, mais aussi par le gouvernement.

Les expulsions vers l’Afghanistan, qui restaient jusque-là limitées en raison des risques évidents d’y retourner, vont donc augmenter et les associations de défense des réfugiés craignent que ces mesures iniques soient prochainement étendues à d’autres pays comme la Syrie, le Yémen, la Somalie ou la Libye.

Ceux qui, au gouvernement ou dans l’opposition, se livrent à une surenchère démagogique xénophobe cherchent à gagner des voix en allant sur le terrain de l’extrême droite. Ils le font avec la peau de tous ceux qui risqueront leur vie au retour dans leur pays.

Arnaud LOUVET