Plan de relance : l’écologie pour des profits durables

05 Août 2020

Sur les cent milliards du plan de relance du gouvernement, trente iront à « la relance verte ». L’État en réserve une partie au développement de l’hydrogène comme source d’énergie, ce qui intéresse des entreprises comme Air liquide, Engie ou encore Michelin, Renault et PSA.

L’Union européenne a de son côté chiffré son aide en ce domaine dans une fourchette comprise entre 180 et 470 milliards d’euros, d’ici 2050. Mais, tout en encourageant l’État à investir dans ce secteur, les grands groupes attendent de pouvoir encaisser les profits après que les gouvernements auront déblayé le terrain et fourni la mise de fonds.

Obtenue en fractionnant l’eau, l’hydrogène pourrait remplacer les énergies à base de carbone. Elle est connue comme source d’énergie depuis des décennies mais, moins profitable que le charbon ou le pétrole, elle n’a pas été développée par les groupes industriels.

Aujourd’hui, alors que les aides tombent déjà pour ce qui est décarbonné, ce procédé est utilisé dans certaines usines sidérurgiques pour fabriquer de l’acier et est à l’essai, à petite échelle, dans le développement des véhicules électriques. Mais comme pour tout développement large d’une filière nouvelle, le développement de l’hydrogène nécessiterait des investissements massifs dans des installations pour sa fabrication, des investissements qui dépassent ce que les industriels sont prêts à mettre sur la table.

De même, le passage à l’hydrogène pour les transports nécessiterait un réseau de pompes et des acheteurs pour les nouveaux véhicules, et c’est l’État, avec son plan de relance, qui pourrait inciter à l’achat de flottes de véhicules, de trains et de bateaux utilisant cette source d’énergie.

Air liquide, groupe français et deuxième groupe mondial des gaz industriels, a établi des projections de 2500 milliards de chiffre d’affaires par an, si la filière se développe. Cela a de quoi ouvrir l’appétit de ces capitalistes… mais pas au point de les forcer à investir avec leurs propres capitaux.

Cécile Seyrig