Migrants : à bas les frontières !

05 Août 2020

Le 31 juillet, 58 migrants qui tentaient de traverser la Manche sur trois embarcations différentes ont dû être secourus par des garde-côtes. La veille une vingtaine d’autres avaient été recueillis par un patrouilleur.

Depuis le 1er janvier 2020, près de 700 migrants, souvent Iraniens, Irakiens ou Kurdes, fuyant la guerre et la misère de leurs pays, ont ainsi été récupérés par la marine ou les douaniers français quand ils tentaient de passer en Angleterre. Avec le beau temps, la côte anglaise semble plus proche, les 30 kilomètres de traversée plus faciles à franchir, alors qu’en réalité le détroit du Pas-de-Calais est une des zones maritimes les plus fréquentées au monde. Les vagues créées par le passage des pétroliers ou des porte-conteneurs peuvent renverser ou briser les bateaux pneumatiques ou les autres embarcations de fortune sur lesquels s’entassent les migrants. Des centaines y ont laissé leur vie mais les autres espèrent atteindre leur but comme de précédents migrants l’ont fait. Selon la radio anglaise, la BBC, ils ont été plus de 3400 en 2020 à réussir leur traversée et 200 rien que pour la journée du 30 juillet.

La seule réponse des gouvernements anglais comme français est la répression. Au nom d’une lutte contre les passeurs qui profitent de la détresse humaine, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et son homologue anglais viennent de créer une cellule franco-britannique de renseignement. On a vu en quoi consistait la sollicitude des autorités françaises pour la détresse des réfugiés avec l’évacuation manu militari de 500 migrants de Calais. Une partie d’entre eux se retrouve d’ailleurs presque au même endroit mais dans des conditions pires, sans abri, sans eau, sans sanitaires ni alimentation, toutes choses auparavant fournies par des associations humanitaires pour qui c’est désormais impossible.

Cette politique répressive ne résout rien. Elle ne fait que poursuivre une guerre contre les pauvres commencée dans leurs pays d’origine.

Sylvie MARÉCHAL