Le racisme de la police, un produit de l’ordre social

10 Juin 2020

Alors que de nombreux jeunes manifestent contre les violences et le racisme de la police, la presse a mis en lumière l’existence de groupes Facebook, sur lesquels des milliers de policiers déversent leurs insanités racistes, antisémites, homophobes et sexistes.

Macron a réagi en demandant « des propositions claires pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre » à Édouard Philippe et à Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur. Celui-ci, lors de sa conférence de presse du 8 juin, a annoncé le renforcement de l’usage des caméras lors des contrôles d’identité. C’était déjà l’une des mesures phares du gouvernement Hollande, et cela n’a rien changé car les policiers s’en servent à leur convenance. Il a aussi déclaré que les méthodes d’étranglement seraient abandonnées.

Mais les violences policières ne se limitent pas à quelques techniques d’interpellation. Le racisme d’une partie de la police est avant tout social, c’est un racisme à l’égard de la fraction la plus pauvre, souvent d’origine immigrée, des classes populaires. Il a ses racines dans le rôle social de la police au sein d’un système foncièrement injuste et inégalitaire. Protéger les riches, le grand patronat contre les grévistes, les propriétaires de logement contre les locataires qui ne peuvent plus payer, les magasins qui regorgent de marchandises bien trop chères pour le salarié moyen, voilà le véritable rôle de la police.

Cette société, qui charrie de multiples discriminations et justifie par toute son idéologie la supériorité sociale des plus riches, ne peut qu’engendrer une police gangrenée par le mépris social, le racisme et la haine de la jeunesse des banlieues populaires.

Les partis de gauche et notamment le PCF, dans leurs critiques des politiques gouvernementales, évoquent une « police républicaine » qui serait respectueuse de la population et de ses droits. Outre le fait que la récente expérience de la gauche au pouvoir n’a rien changé au comportement de la police, c’est oublier tout le rôle social qu’elle joue dans une république qui n’a rien d’idéal et qui est la forme politique du système de domination de classe. En ce sens, la police, en France comme aux États-Unis, est bien républicaine, mais aussi inégalitaire et raciste, à l’image de la société qu’elle défend. C’est bien cela qu’il faut changer.

A. U.