Frichti : les livreurs ne veulent plus de la précarité

10 Juin 2020

Le 8 juin, les livreurs de chez Frichti en étaient à leur quatrième jour de mobilisation. Ces travailleurs sans papiers sont soutenus par le Collectif des livreurs autonomes parisiens (Clap), la CGT et SUD.

Quelque deux cents livreurs exigent leur intégration dans les effectifs de cette entreprise de livraison de repas à domicile, ainsi que leur régularisation. Après avoir appris la décision des dirigeants de Frichti de ne plus embaucher de livreurs sans passeport européen, la colère a éclaté et un local de l’entreprise a été occupé.

La situation de ces livreurs est très variable, certains ont des contrats, d’autres pas, certains ont des passeports africains, d’autres n’ont rien. Et tous ont le statut précaire d’autoentrepreneur, plus chic comme on sait que celui d’esclave moderne. Comme d’autres catégories de travailleurs, ces livreurs ont beaucoup travaillé pendant le confinement, ce qui convenait parfaitement aux requins qui ont lancé Frichti. Mais maintenant, la décision des dirigeants de Frichti peut accroître leur précarité.

Les dirigeants de Frichti sont réticents à fournir à tous un contrat de travail, puisque le statut d’autoentrepreneur les dégage de toute responsabilité sociale vis-à-vis de ceux qu’ils exploitent. Ils pourraient aussi délivrer une attestation de travail, ce qui permettrait une régularisation et donc de sortir de la situation difficile de sans-papiers.

Selon les publicités de Frichti, ces travailleurs étaient des « livreurs de bonheur ». Eh bien, les livreurs estiment que le bonheur n’est pas réservé aux clients !

Jacques FONTENOY