Uber Eats et Deliveroo : les livreurs sacrifiés

25 Mars 2020

Les livreurs de restauration à domicile comme Uber Eats ou Deliveroo ne sont guère mieux traités que ceux des autres secteurs.

D’après le représentant des livreurs de Bordeaux, beaucoup de restaurateurs donnent le sac au livreur de la main à la main, sans gants et sans précautions. Ensuite, il faut encore sonner aux interphones, appuyer sur des boutons d’ascenseur et être en contact avec des dizaines de clients.

Dans un mail envoyé à ses livreurs, Deliveroo a annoncé deux mesures : le remboursement des kits d’hygiène (gel, gants, lingette, mais pas de masque) à hauteur de 25 euros, et la possibilité d’une consultation médicale en vidéo, 100 % prise en charge par Deliveroo… ce qui est l’aveu que la livraison est à risque. Uber Eats a annoncé une indemnisation jusqu’à quatorze jours pour tout livreur diagnostiqué positif ou placé en confinement par une autorité de santé publique. Les livreurs qui décideraient de se confiner par précaution ne seront donc pas indemnisés.

Comme chez Amazon, les livreurs sont nombreux à s’interroger sur l’utilité sociale de leur activité en pleine épidémie, comme le déclare le porte-parole du Collectif des Livreurs Autonomes de Paris : « On a le sentiment d’être une quantité négligeable. On est exposés, alors qu’on n’est pas importants, au contraire des médecins, des militaires... On ne livre que des pizzas et des Bo buns, pas des médicaments. On est des sacrifiés récréatifs ».

J. L.