CHI Fitz-James – Clermont : psychiatrie en détresse

25 Mars 2020

Depuis le 28 février, la psychiatrie de l’Oise, avec au centre le CHI de Clermont Fitz-James qui regroupe 2 700 salariés, se retrouve confrontée au Covid-19.

Le préfet de l’Oise a fait interdire les marchés, fermer les écoles et tous les lieux de rencontre afin d’éviter la propagation du virus. Mais aucune consigne n’avait été donnée pour les centres qui prennent en charge les malades psychiatriques du département. Outre l’hôpital lui-même, il s’agit des centres médicopsychologiques, des hôpitaux de jour, des CATTP, des établissements de réinsertion (les ESAT). Des visites à domicile sont également à assurer.

La vie a continué comme avant dans la centaine de structures du département. Pas le moindre masque, pas de gel mis à disposition. Mais la direction a bombardé les travailleurs de mails de recommandation, comme le lavage des mains... Sa seule action concrète aura été de faire rouvrir en urgence la crèche, afin d’obliger ceux qui s’étaient arrêtés pour garder leurs enfants à reprendre le travail à l’hôpital.

Pendant ce temps, les patients qui en avaient le droit auparavant ont continué à se déplacer librement dans l’hôpital comme en ville, sans que la direction se rende compte qu’ils pourraient être contaminés et contaminer les services à leur retour. Ni les chefs de pôle, ni la direction n’ont pris la moindre mesure : ils ont attendu les recommandations de l’Agence régionale de santé.

À l’heure où tout le monde est confiné, la direction du CHI a tout juste décidé vendredi 20 mars que les patients ne pourraient se promener dans le parc qu’accompagnés et d’interdire les sorties en ville. Quant au personnel, il s’est vu signifier que les mesures qui permettaient que ceux atteints de certaines pathologies chroniques restent chez eux ne s’appliquent plus à l’ensemble du personnel hospitalier.

Bien des soignants sont ahuris de ces décisions. La colère ne s’est pas manifestée ouvertement dans l’hôpital mais a explosé sur Facebook. L’épidémie ne s’arrêtera pas aux portes des pavillons et des structures du Centre hospitalier. Mais en haut lieu, on se montre incapable de protéger le personnel, les patients comme le reste de la population. Demain il faudra bien que les responsables rendent des comptes, et pas seulement sur Facebook.

Correspondant LO