RATP : la direction s’en prend aux grévistes

26 Février 2020

Ce sont cinq grévistes que la direction de la RATP traduit devant le conseil de discipline pour faute lourde, pouvant donc entraîner le licenciement ou des sanctions comme par exemple deux mois de mise à pied sans salaire !

La direction invoque leur participation à des actions de blocage de la sortie des bus, et pour certains d’entre eux les accuse d’avoir proféré des insultes, dont certaines homophobes (en fait les paroles de la chanson d’un rappeur passant sur la sono). Dans les procédures, la direction s’appuie parfois sur des constats d’huissiers qu’elle a payés.

Alors qu’il n’y a eu aucune dégradation ou casse durant toute la grève, la direction menace l’emploi et les ressources de ces travailleurs et donc aussi leur famille. Tous sont militants à la CGT, quatre au dépôt de Vitry, un au dépôt de Flandres. Un conducteur de métro du syndicat La Base a, lui, déjà été sanctionné de cinq jours de mise à pied pour une simple interview faite durant son travail.

Au dépôt de Vitry, la tension était montée suite à la tentative de suicide de l’un des salariés convoqués, sur le lieu de travail. La direction s’en moque et poursuit la procédure. Derrière l’esprit de vengeance des directeurs de dépôt confrontés à une grève forte et longue ayant fait baisser les résultats, il y a le choix de la direction de la RATP. Elle se montre l’alliée ouverte du gouvernement, et du patronat en général, pour démolir les travailleurs et leurs droits.

Il y a eu durant la grève des rassemblements devant les dépôts de bus, à l’initiative de manifestants venant soutenir les grévistes, et la RATP a fait le choix systématique de l’usage de la force policière, à l’aide de charges de CRS et de gaz lacrymogènes, de coups de matraque sur les grévistes et leurs soutiens. Pour les directeurs de la RATP, taper sur les travailleurs est juste normal. Et dans le tableau répressif on peut ajouter les complications du serveur informatique et téléphonique pour se déclarer en grève avant le délai de 48 heures. Et le climat d’intimidation qui fait que les embauchés qui ont une période d’essai d’un an n’osent pas faire grève.

Tout cela n’a pas arrêté la volonté de se battre, au contraire. La lutte opposant les travailleurs et la classe patronale n’en a été que plus évidente. Comme les grévistes l’ont maintes fois dit dans les assemblées générales, ils ne veulent laisser aucun de leurs camarades seul face à la direction. Ils se sont battus ensemble et ils continueront, en grève et en manifestation, à se battre contre ces procédures disciplinaires par lesquelles la direction voudrait leur porter des coups en espérant les soumettre. En quoi elle se trompe lourdement.

Pour soutenir les trois premiers grévistes convoqués :

Rassemblement les 5 et 6 mars à partir  de midi, place Lachambaudie, à Paris 12e

Correspondant LO