États-Unis : dispute entre partis bourgeois

12 Février 2020

La pièce de théâtre de l’impeachment (la destitution) de Trump est terminée à Washington. Les travailleurs des États-Unis n’avaient rien à attendre de cette procédure, et pas plus de la compétition électorale à venir entre les deux partis qui s’écharpent sur la meilleure façon de servir la grande bourgeoisie américaine.

Sans surprise, les républicains ont rejeté au Sénat les accusations des démocrates de la Chambre des représentants contre Donald Trump pour abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès. Chaque parti avance à présent en direction de l’élection présidentielle, en espérant sortir renforcé de cette comédie.

Devant le public conquis d’avance de ses sympathisants, Trump ne se prive pas de proclamer qu’il a été acquitté, qu’il avait été injustement mis en cause et qu’il est innocent. Cela sans s’appesantir sur la décision de presque tous les sénateurs républicains de ne même pas daigner entendre certains témoins qui avaient été ses collaborateurs à la ­Maison-Blanche, et donc étaient bien placés pour savoir ce qu’avait fait le président.

De leur côté, les démocrates espèrent qu’à force d’attacher des casseroles derrière Trump, cela finira par lui nuire. Mais ils ne peuvent même pas en être certains et sont à présent absorbés par leur compétition interne. Les élections primaires ont des modalités différentes suivant les États qui les organisent. Ici, ce sont les sympathisants déclarés de chaque parti qui votent aux primaires ; là, ce sont tous les électeurs.

Les primaires démocrates ont commencé dans deux États dont la faible population compte très peu au final, puisque moins de 2 % des électeurs américains y habitent. Dans l’Iowa, le décompte des voix des onze prétendants a été très laborieux. Ce sont finalement Pete Buttigieg, représentant l’aile centriste du Parti démocrate, et Bernie Sanders, représentant son aile gauche, qui sont sortis vainqueurs au coude-à-coude.

On ne peut pas savoir qui sera désigné dans quelques mois pour affronter le républicain Trump en novembre. Mais cette primaire, entre prétendants modérés et d’autres se disant plus radicaux, a l’avantage de s’adresser à un large éventail de l’opinion. La campagne qui se mènera ensuite devant l’ensemble de l’électorat pourra être bien différente. Quant à la politique qui sera vraiment mise en œuvre à la ­Maison-Blanche après l’élection de fin 2020, c’est encore une autre question, qui a bien plus à voir avec les besoins des capitalistes qu’avec les aspirations des électeurs.

Il y a quatre ans, ­Trump avait eu sur les autres républicains l’avantage de pouvoir compter avant tout sur sa propre fortune pour faire avancer ses ambitions. Cette année, c’est du côté des démocrates que le milliardaire Mickael Bloomberg espère rééditer le même coup, tant les politiciens rivaux s’affrontent avant tout à coups de millions de dollars investis dans des publicités.

La bourgeoisie américaine n’a rien à craindre de ce processus électoral, qui reste sous son contrôle. Quel que soit le résultat final, les travailleurs américains devront compter sur leurs propres forces pour combattre les fermetures d’usine et toutes les injustices résultant de l’exploitation patronale.

Lucien DÉTROIT