Impôts locaux : baisses en trompe-l’œil et hausses réelles

07 Janvier 2020

En 2019, la taxe foncière a rapporté plus que les années précédentes, en particulier dans les grandes villes, avec une hausse médiane de 2,2 % de leurs revenus liés à cette taxe. Pourtant, la plupart des municipalités affichent des taux d’imposition inchangés, ou même souvent revus à la baisse, aussi bien pour la taxe foncière que la taxe d’habitation. Comment est-ce possible ?

En cette année préélectorale, le gouvernement a tout simplement augmenté de 2,2 % les valeurs locatives, autrement dit les bases de calcul de ces deux impôts locaux. Il s’agit d’une hausse générale forfaitaire, qui s’ajoute à d’autres hausses circonstancielles, par exemple les réévaluations des valeurs locatives effectuées lors d’une rénovation urbaine.

Ainsi le maire de La Rochelle, en Charente-­Maritime, soutenu par LREM et le PS aux prochaines municipales, peut se vanter auprès de son électorat d’avoir baissé le taux de la taxe foncière de 33,59 % à 32,92 % sur deux ans, alors que, du fait de la hausse de la base de calcul, la taxe a rapporté au moins autant à la ville. Dans le même département, le maire de Saintes, qui se représente investi par LREM, peut afficher pour sa part des taux municipaux inchangés pour la taxe d’habitation et la taxe foncière, alors que ces taxes ont en fait rapporté plus… et ponctionné bien plus les habitants.

Les maires n’ont certes que des moyens d’action limités, dépendants qu’ils sont des ressources et décisions de l’État. Mais le gouvernement leur permet de faire de l’affichage à l’occasion des élections municipales, alors que les prélèvements fiscaux sur la population laborieuse augmentent, en particulier du fait de ces impôts locaux qui taxent au même taux un travailleur et un rentier multimillionnaire.

David LOUVOIS