Australie – La faillite d’un système

07 Janvier 2020

L’Australie n’est pas un pays du tiers-monde ne disposant pas des moyens matériels, financiers, technologique et humains capables de combattre avec quelque efficacité une catastrophe prévisible. Tout au contraire, l’Australie est un quasi-continent et un État riche à milliards.

Si l’un des pays les plus exposés aux incendies dans le monde manque cruellement des moyens modernes de détection et d’action pour faire face aux dangers d’incendie, ce n’est par manque de moyens : la marine australienne, qui n’a à combattre aucun danger imminent d’invasion, a acquis, dans le cadre d’un marché avec la France, des milliards de nouveaux équipements d’armement qui ne serviront sans doute jamais (et il faut l’espérer). Combien de centaines de Canadair, d’engins de chantier capables de tracer des milliers de coupe-feu dans le pays ; combien de dizaines de milliers de postes d’observation, avec un matériel d’intervention immédiate comme cela existe dans bien d’autres domaines et capable d’intervenir dans les secondes suivant le démarrage d’un incendie cela représente-t-il ? Oui, combien de moyens ces milliards dilapidés auraient-ils permis de mettre en place ?

Quant à mobiliser des milliers d’hommes et de femmes pour combattre le danger, le pays le pouvait aussi largement depuis quatre mois. Ses dirigeants l’ont fait en moins de temps et à plusieurs reprises. D’abord en 14-18 lors de la Première Guerre mondiale, puis lors de la Deuxième Guerre mondiale, où par dizaines de milliers les Australiens ont sacrifié leur vie, à des dizaines de milliers de kilomètres de chez eux, pour le bonheur des grands trusts capitalistes de la planète. Lors de la guerre du Vietnam aussi, des dizaines de milliers de jeunes ont été réquisitionnés de force. Et encore plus récemment, toujours pour les opérations de brigandage de l’impérialisme.

Mais mobiliser la population et tous les moyens de l’armée, cela s’avère impossible quand tout le pays part en fumée. Il faut qu’à Sydney les affaires financières continuent, malgré la fumée qui obscurcit le ciel, sur le principe « business as usual », les affaires comme à l’ordinaire.

L’Australie n’est pas un pays à part, le plus mauvais de la classe des pays avancés. Il est à l’image du monde capitaliste, et la colère que cela peut soulever doit rejaillir sur tout ce système qui étale là ce qu’il vaut : « Le meilleur de lui-même a le goût de brûlé ».

Paul SOREL