Salvador : jugée pour avoir perdu son bébé

28 Août 2019

Jugée pour homicide après avoir perdu son bébé, Evelyn Hernandez risquait une condamnation à 40 ans de prison en vertu des lois qui criminalisent l’avortement au Salvador.

Lundi 19 août, elle a été acquittée et une centaine de femmes venues la soutenir devant le tribunal ont scandé : « Attention, attention, la lutte féministe avance en Amérique latine. »

Ce pays d’Amérique centrale est un des plus répressifs contre l’avortement, du fait de sa législation comme de l’attitude des autorités. Depuis 1998, avorter est illégal en toutes circonstances et passible d’une peine de deux à huit ans de prison. Les juges accusent souvent les femmes d’homicide aggravé, les peines encourues pouvant aller jusqu’à 30, voire 50 ans de prison. La pression est telle que les femmes victimes de fausse couche, surtout celles de milieu populaire, sont généralement considérées comme ayant avorté. C’était le cas d’Evelyn Hernandez qui, violée par un gang à 17 ans, ne s’était semble-t-il même pas rendu compte qu’elle était enceinte quand elle a perdu le fœtus dans ses toilettes en 2016. Après une première condamnation en 2017 à 30 ans de détention, elle était restée 33 mois derrière les barreaux avant que ce jugement ne soit cassé en février dernier par la Cour suprême.

Le ministère public avait alors relancé la procédure, demandant cette fois 40 ans de prison. Il vient d’échouer, et c’est à mettre au compte de la mobilisation en faveur de cette jeune femme.

Frédéric GESROL