Valence en état de siège

06 Février 2019

Samedi 2 février, une manifestation des gilets jaunes était prévue à Valence dans la Drôme. Elle se voulait une réponse à la participation de Macron au « grand débat » de Bourg-lès-Valence, au cours duquel il s’était mis en scène pendant plusieurs heures.

Pour dissuader les manifestants, la préfecture de la Drôme avait instauré un climat de peur. Par arrêté, tout le centre-ville de Valence était bouclé : le marché était annulé, les transports en commun fermés, et des barrages de policiers contrôlaient l’accès. Pour entrer dans les rues du centre, il fallait prouver y habiter ou y tenir un commerce. Les commerçants, eux, étaient fortement incités à fermer boutique, et la plupart des vitrines ont été recouvertes de planches. Alors que d’ordinaire la ville, avec ses commerces, est très animée le samedi, elle avait pris des allures de ville fantôme.

De même, les sorties d’autoroute menant à Valence ont été fermées, et des contrôles systématiques ont été faits aux accès routiers de la ville, avec confiscation de tout objet pouvant servir d’arme.

Le zélé maire LR de la ville, Nicolas Daragon, fier de parader dans les journaux télévisés, est allé jusqu’à faire enlever toutes les grilles placées au pied des arbres, ainsi que les distributeurs de sacs à déjections canines, de crainte qu’ils ne soient utilisés comme armes !

Malgré ce climat, ce sont près de 6 000 personnes qui ont défilé dans les rues de Valence pour continuer à exprimer leur colère, et aucune horde de dangereux casseurs ne s’est présentée.

Correspondant LO