Logement social : dans les griffes des banquiers

06 Février 2019

Afin de doper le marché de l’immobilier, l’État avait utilisé d’une part les aides à la pierre pour subventionner les constructions et d’autre part les aides à la personne, autrement dit les APL, qui permettent aux bailleurs d’encaisser des loyers dépassant les ressources des locataires. Ces deux formes de financement public sont en forte diminution.

Les crédits d’État destinés au Fonds national d’aide à la pierre sont passés de 450 millions d’euros en 2012 à 84 millions en 2017, avant de s’éteindre cette année, et ce sont les HLM eux-mêmes qui puisent dans leurs ressources pour maintenir des loyers moins chers que dans le privé. Quant aux APL, elles ne suivent pas la hausse des loyers et des charges locatives et, depuis octobre 2017, elles ont même diminué de 5 euros par mois, avant d’être quasiment gelées pour trois ans avec un mode de calcul revu au détriment des allocataires.

Mais ce ne sont là que les mesures les plus visibles, car depuis l’année dernière l’État réduit les APL qu’il verse aux HLM. Pour ne pas répercuter cette baisse sur les locataires, les HLM empruntent davantage auprès des banques, alors que leur dette atteint déjà 140 milliards d’euros. Pour rembourser, les HLM devront augmenter les loyers, réduire leurs dépenses de construction ou de rénovation, ou se séparer d’une partie de leur parc immobilier, comme le leur demande le gouvernement. Et, de toute façon, cela se fera au détriment des locataires.

J.S.