Baisse de la TVA : aux capitalistes de payer l’impôt !

06 Février 2019

Une des revendications exprimées dans le mouvement des gilets jaunes est la baisse, voire la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité.

La TVA est l’impôt le plus injuste avec la CSG puisqu’ils ne sont pas progressifs. Elle représente près de la moitié des recettes fiscales de l’État. Parmi les quatre taux de TVA (20 %, 10 %, 5,5 % et 2,1 %), celui qui rapporte le plus est le premier, qui s’applique à la plupart des produits et services, et constitue 80 % des recettes de TVA. Autant dire que le taux de 5,5 %, appliqué aux produits de première nécessité, alimentaire, hygiène féminine, équipements liés aux handicaps, livres, abonnements au gaz et à l’électricité..., n’est pas le plus payant pour les finances publiques.

Cela n’empêche pas le ministère de l’Économie d’arguer que, pour 11 milliards d’euros de manque à gagner pour l’État en cas de suppression de la TVA à 5,5 % sur l’ensemble de ces produits, le gain pour la population serait très faible, dilué qu’il serait sur l’ensemble des consommateurs. Le bel argument ! Avec la suppression de l’ISF et la flat tax, l’État perd sans sourciller près de 5 milliards ; il est vrai que c’est de façon moins diluée, puisque cela ne profite qu’aux 1 % les plus riches...

Prétendre que cette suppression ne profiterait pas au pouvoir d’achat des couches populaires est de toute façon spécieux car, si quelques dizaines de centimes seulement étaient économisés sur un produit, vu le nombre de produits consommés, 2,7 milliards d’euros pourraient être rendus aux ménages , selon un journaliste économique.

Quant à l’argument sur les effets insignifiants et au faible impact sur les consommateurs de la baisse de la TVA sur la restauration, appliquée entre 2009 et 2012, il est tout simplement de mauvaise foi. Les restaurateurs ont eu en effet toute liberté pour en faire bénéficier les clients, les salariés ou... leurs marges.

La TVA et la CSG rapportent, avec l’impôt sur le revenu et les autres impôts payés par les ménages, c’est-à-dire majoritairement les travailleurs, chômeurs et retraités, 60 % des rentrées fiscales, soit presque 400 milliards d’euros. La fraude fiscale du grand patronat – sans parler de l’optimisation légale – elle, en a soustrait en 2018 entre 80 et 100 milliards.

Ce serait pourtant aux capitalistes, à la classe bourgeoise, de financer l’État. Car c’est lui qui, par toute sa politique, leur permet d’accumuler profits et richesses grâce au travail de millions de salariés.

Viviane LAFONT