Prime : comment ne pas augmenter les salaires

19 Décembre 2018

Parmi les mesures annoncées par Macron figure une prime de fin d’année dont l’attribution dépend du bon vouloir du patronat.

Cette prime devrait être de 200 ou de 400 euros pour une partie des salariés de la RATP et de la SNCF, de 250 à 750 euros pour la moitié de ceux de Michelin. Les travailleurs intérimaires et autres emplois précaires risquent d’en être exclus. Les 31 500 salariés de Total travaillant en France devraient percevoir 1 500 euros, soit 47 millions au total, à comparer aux 10 milliards de bénéfice de l’année dernière. Des travailleurs, y compris parmi ceux au statut de fonctionnaire, devraient toucher une prime chez Orange, mais la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, intervenant le lendemain de Macron, a exclu qu’il en soit de même pour tous ceux de la fonction publique. Et elle souligne que, dans le privé, les patrons qui feront le choix de verser cette prime bénéficieront d’une hotte de cadeaux : « On enlève absolument tous les impôts, toutes les cotisations, c’est la première fois qu’on le fait. Ce n’est jamais arrivé. »

Pour les travailleurs, voilà donc un cadeau de Noël plein d’épines, dont le mérite est de souligner à quel point une prime ne remplace pas une augmentation générale des salaires.

Jean SANDAY