Le Pen : une politique crasseuse

19 Septembre 2018

Le 16 septembre, au meeting du Rassemblement national à Fréjus, Marine Le Pen, entourée d’un représentant de Matteo Salvini et d’un député du FPÖ, le parti d’extrême droite autrichien, a présenté ses axes de campagne.

La présence de partis d’extrême droite au pouvoir en Autriche, en Hongrie et en Italie et leur succès jusqu’en Suède lui donne des ailes et visiblement l’inspire sur ce qu’il faut dire pour attirer les voix.

Présentant l’afflux des migrants comme « la submersion de l’Europe et la submersion silencieuse et honteuse de la France », elle a donc désigné ceux qui fuient la misère ou la guerre comme la cause de tous les maux de la société. Au passage, elle s’en prend aussi à l’Europe, ce qui pour rapporter des voix peut toujours servir.

Mais Le Pen parie sur le fait que des électeurs choisiront le RN en pensant simplement exprimer leur mécontentement, un vote antisystème ou dire « il y en a trop ». Mais pour le monde du travail, se laisser aller à ces sirènes qui présentent une réponse simpliste à la dégradation de la situation et des conditions de vie est un sérieux danger. Quand Le Pen déclare que « pour cette folle politique [migratoire] l’argent coule à flots alors qu’il n’y a jamais d’argent pour les SDF », elle ment et pousse à la guerre entre pauvres. L’argent qui coule véritablement à flot vers le patronat lui est invisible. Elle ne s’attaque pas aux plus riches mais aux plus pauvres, de façon odieuse, et c’est bien un choix politique en faveur des plus riches.

« Notre liberté, nos nations, notre civilisation, voilà nos combats. Nous voulons un avenir pacifié et serein pour nos enfants », dit un tweet lepéniste. Mais cet avenir pacifié n’est pas à l’ordre du jour, la civilisation qu’elle défend est celle de l’exploitation et de la loi du plus fort, qui sont déjà à l’œuvre. Marine Le Pen espère du chaos, présent et à venir, qu’il lui permettra d’arriver au pouvoir en détournant le mécontentement des classes populaires vers la haine envers les étrangers et envers les musulmans. C’est que pour elle, il n’est pas question de s’en prendre aux riches, aux puissants. Bien au contraire, si elle parvenait au pouvoir ce serait pour défendre leurs intérêts, tout comme le fait aujourd’hui Macron.

Inès Rabah