Guinée équatoriale : corrompus et corrupteurs

19 Septembre 2018

Théodorin Obiang, le fils du dictateur de Guinée équatoriale, a été bloqué à la douane brésilienne. Deux valises portées par les membres de sa suite contenaient l’une plus d’un million de dollars et l’autre pour 15 millions de montres de luxe, pour son usage personnel, a-t-il déclaré.

C’est beaucoup par rapport aux 2 400 dollars maximum autorisés par la loi brésilienne. Mais c’est encore une bagatelle comparé aux 150 millions d’euros dépensés à Paris et pour lesquels Théodorin a été condamné dans le procès dit « des biens mal acquis ».

Tout cet argent coule d’une source unique : le détournement par la famille au pouvoir, des sommes versées par les grandes compagnies. Comme l’a déclaré avec assurance Théodorin Obiang lors d’un procès en Afrique du Sud : « Un ministre reçoit sur son compte en banque une part conséquente de la valeur des contrats publics. »

Les ministres, et surtout le président et sa famille, sont corrompus jusqu’à la moelle mais, pour qu’il y ait des corrompus, encore faut-il qu’il y ait des corrupteurs.

Au premier rang de ceux-ci figurent les compagnies pétrolières, comme en Guinée équatoriale l’américaine Exxon, ou au Gabon ou au Congo voisins la française Total.

L’enrichissement éhonté de la famille régnante, n’a d’égal que la misère dans laquelle végète la majorité de la population. Une très grande partie des enfants ne vont pas à l’école, beaucoup ne sont pas vaccinés et la moitié de la population n’a pas accès à l’eau potable. Quant à ceux qui contestent, malheur à eux.

En Guinée équatoriale, il n’y a pas que les richesses du clan Obiang qui aient le goût du sang. C’est aussi le cas des profits réalisés par les grands trusts.

Daniel MESCLA