Faim dans le monde : une situation qui s’aggrave

19 Septembre 2018

Selon le rapport annuel de l’ONU, établi par son agence pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, le nombre de personnes dans le monde qui sont sous-alimentées ou en situation de manque chronique de nourriture est passé de 804 millions en 2016 à près de 821 millions en 2017.

« La situation s’aggrave en Amérique du Sud et dans la plupart des régions d’Afrique » et en ce qui concerne l’Asie, alors que les auteurs du rapport avaient cru percevoir « un recul de la sous-alimentation dans la période récente », ils ne peuvent persister. Ils en concluent que « nous ne sommes pas sur la bonne voie pour éliminer la faim d’ici à 2030 ».

Cette année, le rapport s’étend sur les incidences du climat sur la faim dans le monde, mais l’impuissance à y mettre fin remonte à bien avant que le réchauffement de la planète n’aggrave encore la situation. Lors de sa fondation en 1945 sous l’égide des États-Unis, la FAO proclamait déjà vouloir libérer l’humanité de la faim. Cette promesse a pu être répétée bien des fois, en changeant simplement la date où elle serait accomplie. Ainsi, lors d’une conférence convoquée par la FAO à Rome en novembre 1974, Henry Kissinger, ministre des Affaires étrangères des États-Unis affirmait déjà : « Dans une décennie, aucun enfant ne se couchera le ventre vide, aucune famille ne craindra pour son pain du lendemain. » Cette déclaration venait d’un des principaux responsables de la guerre du Vietnam pour laquelle l’impérialisme avait trouvé les milliards nécessaires.

Depuis, la crise capitaliste n’a fait qu’aggraver la situation. Elle a abouti à une flambée des prix des matières premières agricoles dont les céréales en 2007-2008 entraînant des émeutes de la faim dans un grand nombre de pays pauvres. En 2010, suite à une nouvelle hausse du cours du blé, l’Algérie fut touchée à son tour.

Ce n’est pas parce que les profits explosent que la société capitaliste se rapproche d’une solution pour nourrir toute l’humanité, elle s’en éloigne au dire même de ses représentants. Les technologies actuelles pourraient, selon des experts, nourrir deux fois la population de la planète, mais il est de moins en moins possible de résoudre cette question vitale, de base. Sans même parler d’assurer la santé, l’alphabétisation, la protection de l’environnement, la prévention du réchauffement climatique et les remèdes aux conséquences qui s’en font déjà sentir, c’est la simple survie alimentaire qui est en question pour une partie de l’humanité. Même cela, le système capitaliste n’est pas capable de le garantir.

Jean SANDAY