États-Unis : liberté pour Mumia Abu-Jamal !

19 Septembre 2018

Grâce à la mobilisation de ses soutiens aux États-Unis et dans le monde Mumia Abu-Jamal, ce militant emprisonné depuis trente-six ans, a pu bénéficier d’un traitement de son hépatite C, que l’administration pénitentiaire lui refusait. Mais son administration tardive a fait que, si l’hépatite est éradiquée, Mumia est maintenant atteint d’une cirrhose du foie.

En ce qui concerne son emprisonnement, plusieurs audiences judiciaires ont eu lieu cette année, dont la dernière le 30 août dernier, pour obtenir la révision de son procès. Sept autres détenus ont obtenu cette révision mais, pour Mumia, la décision traîne.

Mumia est emprisonné depuis 1982 pour un crime qu’il n’a pas commis, et dont un autre s’est accusé, sans que cela mette fin à sa peine. Tout ce qui a été obtenu, au fil des multiples appels le concernant, a été de le sortir du couloir de la mort.

Pendant des années, la juridiction de Pennsylvanie a été sous la coupe d’un procureur, Ronald Castille, acharné à obtenir la peine de mort. Cette période d’arbitraire est révolue. Cela devrait entraîner la révision des 45 procès dans lesquels ce procureur a imposé la peine de mort. Mais, pour Mumia, la note signée du procureur en question a été… égarée !

D’autres éléments du dossier et une seconde note du même procureur devraient suffire pour qu’il y ait révision du procès. Mais le juge statuant sur cette révision s’est accordé un nouveau délai, jusqu’au 30 octobre, pour prendre une décision, et peut-être retrouver la fameuse note.

Il reste que l’arbitraire de Ronald Castille convenait parfaitement à un État qui entendait punir tous ceux qui dans les années 1960 et 1970, s’étaient opposés à lui. De nombreux militants noirs, ou indiens, en ont fait les frais. Comme elles l’ont fait dans le passé pour d’autres militants, les autorités judiciaires américaines attendent-elles que Mumia soit mourant pour le renvoyer chez lui ?

Pour en savoir plus : www.mumiabujamal.com

Jacques FONTENOY