Éducation : non aux suppressions de postes !

19 Septembre 2018

Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer vient d’annoncer la suppression de 1 800 postes dans les collèges et les lycées pour la rentrée prochaine : 1 400 postes d’enseignants et 400 postes d’administratifs, autrement dit des emplois d’infirmiers, de médecins scolaires, de secrétaires, de gestionnaires.

Cette décision vient s’ajouter à la suppression massive des contrats aidés. Elle serait applicable dès la rentrée prochaine, alors qu’il est prévu l’arrivée de 32 000 élèves supplémentaires dans le secondaire, conséquence mécanique de la progression démographique. Blanquer a déclaré sans rire le 18 septembre à la radio que ces suppressions ne poseraient aucun problème, puisqu’il maintiendrait « totalement les taux d’encadrement dans le secondaire ». Il aura bien du mal à convaincre.

En effet, le taux d’encadrement enseignant est déjà complètement insuffisant. Les salariés des cantines, des services administratifs, comme tous ceux qui permettent de faire fonctionner un établissement scolaire, surveillants et autres, sont déjà au bout du rouleau. Combien de collèges ou de lycées ne disposent pas d’une infirmière, même à temps partiel ? Combien d’élèves de seconde se retrouvent à 35 tout au long de l’année, les quelques cours dispensés en demi-groupes ayant disparu au fil des années ? Combien de matières ont vu diminuer les heures qui leur sont allouées ? Combien d’élèves des filières professionnelles ne trouvent pas de place dans celle de leur choix ?

La réforme de ces mêmes lycées professionnels prévoit d’alléger les programmes, c’est-à-dire de supprimer en particulier les enseignements indispensables pour donner une ouverture culturelle à des jeunes des classes populaires qui en ont le plus besoin. Il est proposé des regroupements de filières qui entraîneraient par exemple la suppression de la filière de gestion-administration, et donc celle de près de 1 000 postes d’enseignants, par des départs à la retraite non remplacés. Il faut y ajouter les menaces sur l’emploi de 500 enseignants précaires.

Le nombre de remplaçants est insuffisant. Ils sont le plus souvent nommés à temps plein sur un poste fixe pour combler des brèches, et ne peuvent justement pas servir à remplacer des professeurs malades. Enfin, depuis des années, le nombre de contractuels augmente, comme dans les autres services publics. Ils constituent une véritable variable d’ajustement de l’Éducation nationale.

Le taux d’encadrement serait maintenu, d’après Blanquer, grâce aux heures supplémentaires, la deuxième heure supplémentaire devenant obligatoire. Mais des heures supplémentaires sont déjà attribuées en grand nombre dans chaque établissement dans la dotation horaire globale, c’est-à-dire le nombre total d’heures d’enseignement accordées par les rectorats à chaque collège et lycée. Cela fait des années que cela se passe ainsi : au lieu de créer un poste supplémentaire de mathématiques ou de français, on répartit les heures d’enseignement entre les professeurs.

Pour tenter d’obtenir l’accord d’au moins une partie des enseignants, Blanquer a fait miroiter l’augmentation du pouvoir d’achat que seraient censées apporter ces heures supplémentaires. Mais cela ne suffira pas à calmer le mécontentement sur les salaires. Comme dans le secteur privé, pour maintenir le pouvoir d’achat, c’est une augmentation du salaire suivant celle des prix qui serait nécessaire.

Des syndicats appellent à des grèves et des manifestations, le 27 septembre, contre la réforme des lycées professionnels, ou encore le 9 octobre avec l’ensemble des salariés, autant d’occasions à saisir pour protester contre cette nouvelle attaque du gouvernement.

Aline RETESSE