Panne à Montparnasse : le désordre capitaliste

01 Août 2018

Le trafic à la gare Montparnasse a été totalement interrompu vendredi 27 juillet à midi par une coupure d’alimentation due à un incendie affectant un transformateur électrique. Résultat : des milliers de voyageurs immobilisés à l’affût d’informations diffusées avec difficulté et une pagaille sans nom.

Le poste électrique d’Issy-les-Moulineaux ali­mentait en courant à la fois 16 000 foyers, des entreprises, la gare Montparnasse et les lignes de trains. Dimanche 29 juillet, un train sur deux était en mesure de rouler et, selon RTE, le fournisseur d’électricité, les réparations demandaient encore plusieurs jours avant une reprise normale du trafic. L’atelier de maintenance des rames TGV n’était plus alimenté par le courant. L’état des trains qui ont circulé durant le week-end ne pourra pas être vérifié, a déclaré la directrice générale de Voyages SNCF.

L’année dernière à la même époque, une panne d’un poste d’aiguillage avait provoqué une désorganisation identique. Et un document de travail de la SNCF confirmait que « les voies et les aiguillages ont un âge moyen de 30 ans et que plus d’un quart des voies ferrées dépassent la durée de vie fixée ». Quant à RTE, d’après un responsable de la CGT Énergie, les réseaux sont « en état de sous-investissement chronique ». Et il ajoute : « Il ne faut pas s’étonner quand on donne plus de 80 % des bénéfices aux actionnaires. » Dans certaines installations, les câbles peuvent dater des années 1950.

La direction de la SNCF pointe la responsabilité de RTE dans l’affaire. Mais si la gare a été complètement privée de courant, c’est aussi parce que le réseau d’alimentation électrique n’était pas doublé et que, sûrement pour des raisons d’économie, la SNCF n’a pas fait le choix de commander à RTE un second poste à haute tension pour garantir une alimentation de secours.

Que ce soit RTE, filiale d’EDF, ou la SNCF, la panne provoquée par l’incendie est à l’image de la dégradation des services publics. L’incendie ne suffit pas à expliquer l’immense pagaille qui a suivi. Les moyens humains, matériels et financiers doivent être à hauteur des besoins pour faire fonctionner, entretenir, réparer. Or la SNCF procède à des coupes claires dans le personnel, dans le nombre de trains disponibles, dans la maintenance du matériel. Et à RTE la situation est similaire. Dans bien des ateliers et des secteurs, tout fonctionne a minima, augmentant les risques de pannes, de blocages et leur répétition.

La SNCF et RTE préten­dent, dit-on, relever d’un service au public. Elles sont en réalité, depuis des années, au service des profits privés et permettent à de multiples entreprises capitalistes, du fret, du BTP, des constructions ferroviaires, etc., de faire leur beurre. Et c’est là la raison fondamentale de toutes ces incuries.

Anne POUCTA