Incendies en Grèce : une austérité criminelle

01 Août 2018

Les incendies qui ont ravagé la côte orientale de la région de l’Attique en Grèce ont fait au moins 93 morts, selon le bilan revu à la hausse mardi 31 juillet. 25 personnes sont encore portées disparues et des dizaines d’autres ont été blessées, sans parler des dégâts matériels.

Si l’actuelle vague de chaleur, la force des vents au moment des départs de feux ou encore les constructions anarchiques sans permis de construire ont pu être des facteurs aggravants, elles n’expliquent cependant pas toute l’ampleur du drame.

Dimitris Stathopoulos, représentant de la Fédération des sapeurs-pompiers grecs, a expliqué à la presse que les coupes budgétaires ordonnées par les gouvernements successifs auraient eu pour conséquence de rendre 30 % des véhicules des sapeurs-pompiers inutilisables à l’heure actuelle. « Environ 15 % de notre flotte de 1 750 camions sont hors d’usage en raison de problèmes chroniques et parce qu’ils sont vieux, déclare-t-il, les autres 15 % nécessitent des pièces de rechange que nous n’avons pas les moyens d’acheter. »

Ce drame n’est pas le premier puisque, en 2007 et 2009, la Grèce a connu de très violents incendies, responsables de 77 morts en 2007. La situation de sous-effectif des pompiers ainsi que le manque de moyens aériens étaient déjà pointés du doigt. Cette politique qui est l’œuvre de tous les gouvernements, de gauche comme de droite, qui se sont succédé au pouvoir ces dernières années, a été menée avec une férocité accrue depuis le déclenchement de la crise économique de 2008, et surtout depuis la mise en coupe réglée de la Grèce par les financiers.

C’est dire que, si ces incendies ont été alimentés par des facteurs météorologiques et d’autres, l’ampleur de leurs conséquences est avant tout le fruit d’une politique d’austérité et des pressions sur les finances publiques grecques exercées par l’intermédiaire de la Troïka (le FMI, la BCE et l’Union européenne) dans son rôle d’huissier des banquiers.

Marlène Stanis