Économies sur le bitume : attention, danger

25 Juillet 2018

Un audit commandé par le ministère des Transports confirme l’état déplorable du réseau routier en France.

17 % du réseau routier géré par l’État (l’audit ne concernant pas les routes gérées par les départements ou les communes) est gravement endommagé. 7 % des ponts et tunnels nécessitent une rénovation. Par exemple, l’affaissement du viaduc de Gennevilliers, sur l’A15, en région parisienne, le 15 mai dernier, a causé la fermeture de l’autoroute. Elle n’est actuellement que partiellement rouverte alors que des centaines de milliers d’automobilistes l’empruntent chaque jour, notamment pour aller travailler. Le tunnel de la citadelle, à Besançon, lui, sera fermé jusqu’au 20 août à cause de l’effondrement de son plafond.

Le rapport met en cause un sous-investissement chronique pour l’entretien des routes. Le gouvernement a dit vouloir affirmer sa fermeté et sa détermination en matière de sécurité routière en réduisant la vitesse de 90 à 80 km/h sur certaines routes. Mais comme ses prédécesseurs il a laissé le réseau se dégrader, alors que le mauvais état des routes est responsable de 47 % des accidents, selon le délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes.

Aujourd’hui, constatant la dégradation catastrophique de la situation, le gouvernement annonce pour la rentrée un plan dans ce domaine. Mais la priorité de l’État restant d’arroser le grand patronat, on peut prédire que dans ce domaine comme dans tous les services publics à la collectivité, il maintiendra la politique de restrictions budgétaires menée par les gouvernements précédents.

Hélène COMTE