Précarité : en pleine croissance

27 Juin 2018

Le ministère du Travail a publié le 21 juin une étude sur l’explosion de la précarité depuis 25 ans à partir de l’exemple des CDD. La part des embauches en CDD est passée de 76 % en 1996 à 87 % en 2017 et la proportion des CDD de moins d’un mois de 57 % en 1998 à 83 % en 2017. Aujourd’hui, un CDD sur trois est signé pour une durée d’une seule journée !

Ces chiffres ne sont pas une surprise pour nombre de travailleurs, principalement les plus jeunes, pour qui missions d’intérim, période de chômage, contrats aidés, CDD, temps partiel imposé font partie de leur quotidien et de celui de leurs proches.

Pour développer la précarité, le patronat a pu s’appuyer sur la politique de démolition du Code du travail menée depuis des années par les gouvernements de droite comme de gauche, les dernières attaques étant la loi El Khomri sous Hollande en 2016 et les ordonnances travail de Macron en 2017. Le Code du travail ne renfermait pourtant que quelques mesures qui encadraient un peu l’intérim et les CDD, et bien souvent les patrons ne les respectaient même pas. Mais c’était quand même trop pour le grand patronat car ils risquaient toujours d’être attaqués en justice et aux prud’hommes par des travailleurs combatifs et des militants ouvriers !

Pour les patrons, la précarité est un des moyens de se débarrasser à moindre coût d’une partie des salariés dès que la production connaît des fluctuations, et cela sans avoir à se préoccuper d’offres de reclassement ni même d’indemnités de licenciement.

C’est aussi, pensent-ils, la possibilité d’augmenter plus facilement les cadences et la flexibilité en évitant toutes réactions ouvrières. Ce en quoi ils se trompent, ils ne feront que les rendre plus explosives.

A. L.