Hospices Civils de Lyon : la blanchisserie à l’arrêt

27 Juin 2018

Mardi 12 juin à la blanchisserie des Hospices civils de Lyon (HCL), à la suite d’une heure d’information syndicale faite par la CGT et FO, les 70 agents présents ont décidé la grève. Car ils sont très en colère contre la décision de ne pas reconduire treize agents contractuels et contre les conditions de travail. Le lendemain, ils ont exercé leur droit de retrait pour dénoncer l’atmosphère des locaux saturée de poussière.

En deux jours, il y a eu un véritable embouteillage pour stocker tous les rolls de linge sale qui arrivaient. Aussi la direction invitait les établissements hospitaliers à utiliser le linge en papier, et distribuait du linge neuf.

En octobre 2014, les HCL ont ouvert cette nouvelle blanchisserie ultramoderne avec l’intention de la rentabiliser, d’autant plus qu’elle a dû emprunter 33 millions d’euros pour cela. Elle a constitué un groupement de coopération sanitaire (GCS) avec cinq autres établissements publics et privés. Trente tonnes de linge sont traitées chaque jour, contre 22 tonnes auparavant.

La direction des HCL avait quand même supprimé 45 postes au moment du transfert de l’ancienne à la nouvelle blanchisserie, et une vingtaine dans les lingeries relais des HCL. Mais, depuis son ouverture, elle n’a jamais fonctionné correctement. Dans tous les établissements hospitaliers il manque constamment du linge pour les patients et des tenues pour le personnel. D’ailleurs un des établissements du GCS mécontent vient de décider de le quitter. Quant aux lingers, leurs conditions de travail sont très dures et l’absentéisme est de ce fait important.

Les pannes sont récurrentes car l’entretien des machines ne se fait pas correctement par manque de moyens humains et matériels. Cela n’empêche pas la direction de se plaindre que la productivité espérée n’est pas atteinte : pour l’améliorer, elle a même mis en place le lean management.

Bien des problèmes d’hygiène ne sont toujours pas réglés. Par exemple, les poussières de fibres textiles empoisonnent l’atmosphère. Les machines sont nettoyées par soufflage, ce qui n’arrange pas les choses et des dépôts de poussières s’accumulent sur les parties hautes de l’usine. Les lingers sont régulièrement incommodés. Malgré cela aucune analyse de l’air ambiant n’a jamais été réalisée.

La direction du GCS a donc annoncé début juin que les treize agents contractuels ne seraient pas reconduits, certains étant présents depuis plus de deux ans. Et pour cause, la direction a trouvé une solution d’exploitation bien plus rentable : elle demande aux agents contractuels non reconduits de s’inscrire dans une agence d’intérim avec laquelle elle a passé un marché. Ainsi elle pourra les appeler quand elle en aura besoin.

La direction a négocié la reprise du travail en acceptant de reporter de six mois les fins de contrat et en payant les deux jours d’arrêt. Forts de ce qu’ils ont obtenu, les lingers comptent continuer à mener le combat pour la titularisation des contractuels et l’amélioration des conditions de travail.

Correspondant LO