École primaire : Blanquer et ses coups de règle

02 Mai 2018

Quatre circulaires dans le B O (le Bulletin officiel de l’Éducation nationale), un guide volumineux, voilà le viatique dont le ministre Blanquer vient de pourvoir les enseignants de l’école primaire, afin de remédier au déficit de « maîtrise des savoirs fondamentaux ».

Nul doute que les professeurs seront avides d’apprendre qu’il sied d’utiliser des petits cahiers (et non des grands) à grands carreaux (et non des petits). Passons sur les recommandations posologiques : deux fois quinze minutes d’écriture par jour, une dictée quotidienne de dix à quinze minutes, des comptines pour apprendre… à compter, quinze minutes de calcul mental par jour, innovations que les maîtres et leurs élèves vont découvrir de leurs grands yeux ébaubis.

Ferrailler contre la « méthode globale » d’apprentissage de la lecture, qui n’est plus de longue date mise en œuvre par les instituteurs, n’a qu’une fonction : attribuer les problèmes de l’école aux enseignants, et continuer à tenter de faire fonctionner le système avec des moyens en baisse.

Tous les gouvernements successifs ont fait des économies sur le nombre d’élèves par classe, les cours en petits groupes, pour réduire les postes d’enseignants, en primaire comme dans le secondaire. Hollande avait promis la création de 60 000 postes… que les établissements attendent toujours. Les emplois aidés, supprimés en novembre dernier par Macron, même loin d’être des vrais emplois, fournissaient les collèges et lycées en adultes encadrants, bien nécessaires.

Blanquer vient après tout cela, en marche vers la poursuite de cette politique d’économies. Et, dans la société qui fabrique des chômeurs et des enfants de chômeurs, des banlieues pauvres et des campements de réfugiés, cette société inique que le ministre et le gouvernement défendent, l’école n’est pas un monde à part.

Viviane LAFONT