Contrats aidés : nouvelles réductions programmées

02 Mai 2018

Le gouvernement Macron a décidé de réduire le nombre de contrats aidés de 459 000 fin 2016 à 200 000 pour 2018. Un certain nombre d’associations, écoles, Ehpad, hôpitaux avaient perdu, à l’été 2017, des dizaines de milliers de salariés.

Sous prétexte de renforcer le volet formation de ces contrats, ils ont été remplacés depuis janvier par les PEC, parcours emploi compétences. Toujours réservés au secteur public ou associatif, d’une durée de 9 à 12 mois, ils ne sont plus pris en charge par l’État à 70 %, mais à 40 à 50 % du salaire brut au smic. La formation sera aussi à la charge de l’employeur. Ce nouveau dispositif traduit en fait surtout un désengagement financier de l’État.

C’est bien ce que les communes et associations contestent. Les petites communes rurales avaient depuis des années embauché des personnes de leur village pour assurer l’entretien des communes, la garde des enfants ou l’intervention dans les écoles. Alors que les dotations de l’État baissent, nombre d’entre elles n’ont pas les moyens de financer ces nouveaux contrats. En Dordogne, sur 1 028 accordés par l’État, soit 30 % de moins que les contrats aidés, seuls 155 ont été signés. Des associations de toute sorte, protection des animaux, soutien aux femmes victimes de violence ou aide aux jeunes, etc., ont arrêté ou réduit leurs activités faute de personnel. Il n’est pas sûr qu’elles puissent reprendre.

Ces contrats sont des pis-aller et remplacent des embauches indispensables dans des fonctions utiles à une grande partie de la population. Ils devraient être remplacés par des emplois à temps plein, avec formation si nécessaire. À l’inverse, le gouvernement réduit les moyens des associations et des collectivités, favorise l’emploi de travailleurs sous-payés, augmente le nombre des sans-emploi.

Inès Rabah